Qu'est-ce qu'on mange le 03 septembre 2007 ?
New York, Just keep the diamonds in my hair
New York, chapitre 2. On va partir dans tous les sens en même temps. Commençons sans plus attendre par aborder le Cheesecake New Yorkais. Qu'est-ce que c'est au juste, me direz-vous, les mains moites d'angoisse? Traditionnellement nature ou juste agrémenté d'un rien de citron ou d'orange, cette combinaison cuite de sucre, cream cheese et oeufs se décline en de nombreuses variantes et repose sur un écrasé de biscuits. Un cheesecake quoi. J'ai donc testé un pot de Cream Cheese en y trempant des morceaux de papaye séchée, le Mango cheesecake du café Lalo, le Soho Cheesecake et le Strawberry Cheesecake de Dean & Deluca, le cheesecake Original de Juniors, et enfin le Gâteau des neiges (ou White cheesecake) de Lady M. Mais ci-dessus, le sommet de l'Empire State Building n'a rien d'un cheesecake.
Vous voulez le chapitre 1? Aujourd'hui, on voyage en musique.
WARNING
Attention, ce message comme le précédent ne prétend pas à une analyse de la société américaine ou New Yorkaise, ni à une généralisation simpliste des pratiques. Il relate une expérience personnelle qui peut donner des points de référence à d'éventuels futurs voyageurs. Au mieux, il peut vous fournir des photos à imprimer et à placer dans des cadres IKEA à 2 balles.
En parlant de photos, par exemple, lorsque vous arrivez au 80th étage de l'Empire State vous faites une file infernale qui vous oblige à passer devant un tapis vert pour prendre une photo de vous, derrière laquelle un ordinateur recollera le paysage de la ville vue de haut (en déplaçant l'appareil photo de 50cm vers la gauche, la vue par la fenêtre était absolument identique et authentique). L'Empire est vraiment un piège à touristes, préférez le Rockefeller.
J'avoue que l'Empire était compris dans le City Pass, et comme ça au moins j'en ai visité un de jour, l'autre de nuit. J'aurais pu faire un tour en hélicoptère, certes, mais est-ce que ça vaut vraiment la peine de faire la file une heure dans un hangar pourri? J'ai fait semblant de réfléchir et d'estimer la valeur financière que j'aurais accordée à une heure passée à New York depuis mon lit un lundi matin, chez moi, et j'ai réalisé que je l'aurais bien payée la valeur d'un trajet en hélicoptère. Aussitôt dit, aussitôt fait et je suis retourné sur la 5th avenue. Vous avez remarqué que je ne dis jamais 5e avenue, c'est une marque de respect. Donc je suis allé chez Redken pour m'acheter de la Rough Paste parce que je n'en avais plus.
CHEESEMEG RYAN
"Vous avez un message" est l'un de ces films niais que je peux regarder en boucle. J'ai déjà envie de pleurer au début du générique, et je n'en rate jamais une miette. Ecoutez "Dreams" des Cranberries, je l'ai mis au début du message. C'est le New York idéal. Or donc, un soir que Tom Hanks rencontre Meg Ryan dans un joli café où elle attend l'amour, ce soir-là nous sommes eux et moi au Café Lalo au 201W 83rd St, près d'Amsterdam Ave, dans l'Upper West Side, et donc près du Muséum d'Histoire Naturelle, mais pour l'instant c'est plutôt insignifiant. J'y ai pris une slice de mango cheesecake et un bon vieux Darjeeling à la théière, tout en observant le décor savamment désuet. La croûte était désespérément inconsistante mais très bonne, l'ensemble bien dense et parfumé, très sucré. Un vrai goût de Cream Cheese, c'est évident. Ceci me rappelle que quand je fais un cheesecake, j'utilise surtout du fromage blanc. C'est très différent et plus acide, parce que je suis sauerphile (de l'allemand "sauer"). Je trouve exactement le même Philadelphia Cream Cheese chez moi de toutes façons, je le snobe et il est 5 fois plus calorique.
Au passage, vous admirerez évidemment le Rose Center for Earth and Space auquel vous avez également accès avec le CityPass de 65$, l'instrument indispensable du touriste cultivé mais un peu fauché. C'est vraiment très bien fait et très clair, pour les enfants et leurs parents, on sent la recherche pédagogique et comme c'est à côté de Central Park, vous y allez après avoir pique-niqué, les fesses encore humides depuis leur séjour sur l'herbe fraîche. C'est tellement bien fait que la température à l'intérieur du musée est plus ou moins équivalente à la température moyenne du cosmos, c'est-à-dire très peu de degrés quels qu'ils soient.
Toutefois, quand on n'est pas particulièrement fan des indiens empaillés dans de grands paysages épiques, peints et d'ailleurs un peu défraîchis, il peut arriver que l'on s'ennuie à un moment ou à un autre ou que l'on ait un petit peu mal aux pieds et que l'on ait envie de s'asseoir, dans le Musée d'Histoire Naturelle. Et puis quand un endroit est tellement organisé, tellement facile à comprendre, c'est bien simple c'est terriblement lassant. On se consolera avec une tranche de séquoia géant, ou l'histoire shématique de l'évolution en vidéo, racontée par Meryl Streep qui comme chacun le sait est une grande spécialiste de la paléontologie. Et puis ces indiens, j'ai comme l'impression d'avoir vu les mêmes dans le Village l'autre soir, et ils servaient des Mojitos. Je suppose qu'il suffit de leur poser la question de savoir si on ne les a pas déjà vu quelque part (dans le Marais, par exemple). Je m'amuse déjà un peu plus.
Sincèrement, il y a des galeries vraiment grandioses. Ne me dites même pas que mes propos n'ont pas trait à la nourriture, nous sommes en pleine expédition touristique. Bande d'oesophages ambulants, vous devez être pénibles pour votre famille en vacances. Heureusement, le musée a pensé à vous comme à vos semblables et a installé en son sous-sol un grand food court éclairé au néon bactéricide où tout est gras et cher. Notez que je m'en suis sorti avec une pomme et une brique d'organic non-fat milk pour 6$, mais peu importe car rien ne vaut le plaisir de s'asseoir sur une vieille banquette pleine de moutarde. Et je suis sûr que le food-court fait également abri anti-atomique à ses heures. En dehors de ça, le musée est sublime et comme la plupart des musées, il ferme juste quand vous venez d'arriver.
CENTRAL PARK
Bigre, c'est immense, hein, ça vous la coupe. C'est où y'a pas de lumière, en gros, et c'est tout un symbole. En tout cas pour moi c'était le lieu le plus dangereux du monde, un vrai coupe-gorge à la tombée de la nuit, allez savoir pourquoi. C'est ce qu'on nous raconte et c'est ce qu'on lit, et ce n'est pas obligatoirement vrai. Je vous assure que ma gorge est entière, que je porte encore tous mes vêtements, même des chemises, et que je vais très bien. En fait j'avais surtout peur de me perdre ou de tourner en rond, de me tordre le pied dans un piège à ours et de me faire dévorer par un loup échappé du zoo, ou par un velociraptor. Central park la nuit, c'est plein de gens qui se font peur les uns les autres mais qui, bon, il est vrai, n'y viennent pas spécialement cueillir la mirabelle.
Sinon la journée c'est bien aussi évidemment, c'est d'ailleurs plus rassurant et plein de nourrices agitées qui promènent des bébés blonds dans la dernière poussette MacLaren, de citadins venus bronzer quelques instants, prendre un peu de recul, faire du sport, courir, montrer leur nouvel iPod, tuer des piétons à coups de dérailleur, faire du taekwondo, des caricatures. Et moi qui y suis allé pour manger. Sachez toutefois qu'une vue comme celle-ci n'est pas forcément votre lot: il y a de vrais bois avec des chemins tordus où vous perdriez votre chien en 2 minutes, et où vous ne percevez rien de la ville, des lacs avec des barques, des poubelles, des faux rochers, des campeurs et des gens qui croient que l'air est pur. A Manhattan.
La fontaine de Bethesda est un autre symbole, maudits soyez-vous si vous n'avez pas encore vu "Angels in America". Comme je suppose que vous ne l'avez pas vu et puisque vous êtes maudits, sachez qu'il s'agit d'un téléfilm à 5 Golden Globes où l'on retrouve notre paléontologue préférée Meryl Streep et puis Al Pacino, Emma Thompson, Jeffrey Wright, Mary-Louise Parker qu'on voit partout, et les autres. Louez-le et regardez le en VO, j'insiste. Enfin, ça dure au moins 8 heures, c'est vrai. Prévoyez du popcorn microwavable. Cliquez impérativement ici pour la bande annonce et ici pour le générique, vous ne le regretterez pas.
MY NAME IS M, LADY M.
Mais il faut bien y manger, et je n'avais pas l'intention de me refaire une expérience de barre hyperprotéinée. Cette fois, je me suis projeté à l'opposé du café Lalo, dans l'Upper East Side, et suis arrivé chez Lady M, Cake boutique, selon les recommandations de Laurent. C'est une boutique toute blanche, ultra chic, comptoir minimaliste blanc et transparent, brillant, où reposent quelques gâteaux sur des plateaux à pied, que les élégantes clientes parcourent sereinement avec la démarche de Mariah Carey. Elles ne marchent pas en fait, je crois qu'elles flottent légèrement au dessus de la surface du sol. Je vous ai dit à quel point c'était chic? On n'en voit que le banc, les photos étaient interdites. Oh boy.
C'est une sorte de Pierre Hermé en version féminine, et sans la foule. Habillé de mes plus beaux vêtements, de boutons de manchettes et de mes souliers vernis, j'ai donc poliment demandé une slice de cheesecake ("gâteau des neiges" en français dans le texte, photo ci-dessus) et tant qu'à faire, une slice de ce "gâteau mille-crêpes", prononcés à la française, ce qui a tout de suite mis la serveuse dans ma poche mais m'a tout de même contraint à les payer environ 22$. Le gâteau entier coûtait 65$. Peu importe, l'amour de la science amène à faire des sacrifices de ce genre. Tant qu'à faire j'ai également constaté que dans la mesure où les deux tiers environ de la population possédait une paire de ces bonnes vieilles Converse, je ne passais pas pour un touriste et les gens me demandaient toutes sortes d'informations fantaisistes. Je crois qu'il y en a qui abusent du Jamba Juice.
Le mille-crêpes était sublime, entre ses couches de "light cream", on aurait juré qu'il y avait plutôt du mascarpone mais ce n'est pas bien grave. Il faut dire que la serveuse, visiblement fidèle cliente chez Saks et Bloomingdales, et qui maintenant que j'y pense avait le même regard plein de chaleur et d'affection que Cécila Sarkozy, a mis 7 minutes interminables à découper un triangle parfaitement isocèle. Le dessus était caramélisé comme une crème brûlée, les crêpes étaient délicieuses, cependant l'ensemble reste relativement compliqué à manger. D'autant que l'ai mangé sur place, avec un thé pour ne pas changer. J'avais mis une chemise.
Le cheesecake quant à lui était également délicieux, et je l'ai mangé dans Central Park ainsi que je l'avais prévu. Sauf que chez Lady M, quand on emporte une slice, ce n'est pas pour la manger à la sauvette comme un camp-volant. Je suppose qu'on la prend sur place, ou alors chez soi avec l'argenterie. Or donc, j'ai mangé ma slice avec une demi-carte postale pliée en 3. Voyez-vous, si vous arrivez à prendre une attitude parfaitement naturelle, personne ne remarque rien. Je regrette toutefois d'avoir laissé ma Spork dans mon autre sac à l'hôtel. C'est diablement efficace figurez-vous (voilà ce qui arrive quand on met ses enfants chez les scouts). Le contraste entre la banalité de la carte et l'élégance du gâteau n'enlevait rien au charme de la dégustation, mais j'ai tout de même vérifié que l'encre ne s'en allait pas sur les contours de ma bouche.
UNE POMME PAR JOUR
Quand vous en avez assez de voir repasser les mêmes joggeurs euphoriques, au coin Sud-Est de Central Park se trouve le scintillant Apple Store. Situé sur la très chic 5th Avenue, c'est un magasin high tech où vous pouvez accéder à internet sur un iBook, en jouant des coudes, ou sur un iPhone. Un grand escalier de verre vous emmène dans un vaste sous-sol où le Genius Corner vous aide à résoudre vos problèmes et où vous essayez des centaines d'appareils dans une ambiance de foire agricole. C'est plein de jeunes vendeurs dynamiques et amusants. Et puis il n'y a rien à dire, l'iPhone est très en vogue et tout le monde en veut. Question de design. Tant qu'à faire, je suis retourné à l'Urban center où j'ai acheté "The laws of Simplicity" de John Maeda, un livre nécessaire.
REALLY REALLY COOL
Un autre jour que j'étais en goguette du côté de Central Park, je me suis à nouveau trouvé affamé, c'est régulier, et réduit à trouver mon alimentation dans le paysage hostile de l'Upper East Side. J'ai tout de même très facilement trouvé le "Really cool foods" sur la 63rd et 3rd Avenue, où les produits sont vraiment intéressants pour les gens comme moi. Pour une fois, une épicerie proposait d'autres marques, d'autres produits, et il y avait même quelques dégustations mais je n'accepte jamais ce genre de propositions, la plupart du temps je n'aime pas mentir.
Je me suis contenté de prendre une barquette de sushis avocat et thon au riz complet, et un muffin de chez "Sensible Edibles", c'est-à-dire un muffin wheat-free vegan pear granola. Les muffins sont complexes par ici. J'aurais aussi pu le prendre sugar-free mais alors il était très gras, ou low-fat mais il était alors très sucré. Le Wheat-free, au moins, est aussi gras que sucré, et c'est beaucoup. Il faudra d'ailleurs qu'on m'explique pourquoi les maki en barquette sont la plupart du temps des california rolls, enfin des rouleaux avec l'algue dedans et pas dehors. Je préfère les maki normaux, comme ils les font chez Dean & Deluca. Comme par hasard.
METROPOLITAN LOUVRE
Après quoi il suffit de se rendre au Met qui fait tout un foin avec ses nouvelles galleries gréco-romaines. Ils ont en effet un fort joli char étrusque, et de grandes galleries bien éclairées et thématisées. C'est-à-dire qu'ils recréent une voûte en berceau à caissons, qu'ils mettent des fontaines et de grands carrelages, et qu'on peut prendre des photos sans flash. L'avantage qu'ont les Européens, c'est qu'ils peuvent aller plus souvent à Rome qu'au Met, et ils ne voient jamais un décor aussi parfaitement reconstitué. Même au Louvre.
Pour l'art médiéval, on vous fait une sombre ambiance de cathédrale pleine de spots pour faire peur aux enfants qui ne sont pas sages, où le portail de Vailladolid que l'on devine ici à gauche est une de ces pièces que l'on n'oublie pas. Oui je sais, je suis encore en digression non-alimentaire, ça risque d'arriver souvent. La section égyptienne n'est pas mal non plus dans le genre "contextualisation". Les pauvres visiteurs doivent être déçus en arrivant en Egypte, sur les vrais sites historiques, de ne pas trouver de momies jaillissant de leurs sarcophages pour leur arracher les veines. C'est encore le même problème qu'au Museum d'histoire Naturelle: c'est trop bien fait. La perfection est prévisible et terriblement ennuyeuse.
La section la plus intéressante pour nous autres venant de loin est encore la section de l'art moderne traditionnel américain, relativement absent de nos musées. Et puis en guise de ticket, le Met vous donne une sorte de pin's rose que vous pouvez garder et qui est ravissant. Rien que pour ça vous pouvez y aller les yeux fermés. C'est vraiment un très beau musée, mais vous n'attendiez pas mon avis pour avoir envie d'y aller.
ELLE C'EST PEGGY
Voilà. C'est l'un des bâtiments phares de mon séjour. Le Guggenheim de New York est un peu comme la Mecque des architectes, il était donc évident qu'il soit en rénovation au moment de mon arrivée. Mais justement, on nous en parle tellement de ce musée que quand on arrive on ne remarque même pas les échafaudages, on voit à travers. Enfin non, parce que le jour où on décide d'y aller, bien entendu, c'est le jour de fermeture hebdomadaire.
Quelques rires nerveux plus tard et après un interminable trajet en bus, il suffit de revenir un autre jour. Il paraît que le musée éclipse les collections et c'est vrai, mais il n'empêche pas de les regarder. On retrouve encore du Sarah Morris, Carlos Garaicoa, Yuken Teruya et beaucoup plus de contemporain que je ne l'aurais cru. C'est très agréable en dépît de la surcharge de poids que vous confère votre audio-guide gratuit et surtout inutile. Un musée quasiment parfait, sans rire. Les oeuvres sont les oeuvres. Pour l'extérieur, un jour, je reviendrai et alors je pense qu'un obus iranien aura anéanti la spirale.
GO WEST
Définitivement. Ils avaient raison. L'ouest est chargé de ces petits plaisirs de la vie qui font l'agitation urbaine en général. On va retrouver Zabar's, Fairway, H&H Bagels, le Lincoln Center, Columbia, tout ça quoi. Il suffit de Franchir Central Park en prenant la voie qui traverse, et en se demandant quand on arrivera enfin au bout de ce chemin infernal plein de voitures qui roulent beaucoup trop vite que pour vous éviter si jamais vous trébuchez sur une grenouille. Soyez-en sûrs, cela ne manquera pas d'arriver. Vos restes seront mangés par les écureuils qu'il est pourtant interdit de nourrir.
Je ne vais pas vous faire un cours sur Zabar's, d'autant qu'on va me jeter des tessons de bouteille de Snapple mais je n'y ai rien acheté. C'est intéressant certes, mais au quotidien je ne consomme pas grand-chose de ce qu'ils vendent. Moi, les soirées caviar et saumon fumé ça ne me réussit pas très fort. Je suis un grand consommateur de primeurs. Et si leur mezzanine est effectivement bien achalandée en matériel de cuisine, il n'y a rien d'irremplaçable ou de particulièrement bon marché. En plus j'ai marché dans de la sciure de fromage ou je ne sais pas quoi mais ça m'a poursuivi pendant plusieurs heures. Enfin, pour le fun, on peut toujours y aller. Pour les New Yorkais c'est sans doute une adresse utile.
JUST A SINGLE BAGEL
On peut surtout aller chez Zabar's parce qu'à côté il y a les bagels de chez H&H, qui sont absolument délicieux. Mais ce n'est que mon avis. J'ai goûté un whole wheat, un plain et un je-ne-sais-pas-quoi qui semblait contenir de la menthe et de l'anis, ça n'est pas sur le menu. Il paraît qu'ils livrent Worldwide, même en Belgique. Je devrais essayer, après tout au lieu de les faire moi-même, qu'est-ce que 60$ investis dans une boîte de bagels transatlantiques. A part ça, ils ne semblaient pas proposer de garniture dans ce magasin de Broadway, et les bagels étaient vendus si je me souviens bien environ 1,25$ la pièce. Je me souviens bien parce que je l'ai noté.
Toutefois, leurs boutiques auraient besoin d'un petit plus au niveau de la décoration, comme vous le voyez c'est un tantinet spartiate pour ne pas dire vide, même si c'est flou ne faites pas les difficiles on le voit bien. Oh, sinon, une nuit alors que je traînais du côté du Winter garden dans le World Financial Center (où vous pouvez admirer une expo des maquettes de l'évolution du projet du WTC, qui montre à quel point un bon projet peut se faire démonter et devenir un bric-à-brac abominable en quelques années. A part la très banale tour principale et la gare de Calatrava, le reste est encore brouillon) je suis allé chez Pick-a-bagel où j'ai commandé un sesame-bagel with cream cheese and Nova Scotia Salmon. Ce ne sont peut-être pas les meilleurs bagels de la ville mais quoi qu'il en soit c'était vraiment délicieux. Je l'ai mangé sur un banc le long de l'eau, exposé aux lumières du New Jersey voisin, au son des joggeurs haletant.
FAIRWAY, A BETTER WAY

En descendant encore Broadway, toujours plus bas après les bagels, on sera passé devant une foule de choses intéressantes mais Fairway sort véritablement du lot. On le voit arriver avec ses étals débordant sur le trottoirs, ses pommes, poires, prunes, figues, fraises... On entre et là on découvre ce que l'amérique peut faire de mieux quand elle voit les choses en grand.

Les rayons sont très grands et bien fournis. Ils sont même très bien rangés si vous voulez mon avis, c'est relativement agréable de faire ses courses ici si ce n'est que certains rayons s'avèrent étroits. Niveau prix, j'ai du mal à me rendre compte de ce que ça représente mais au vu de la population bigarrée qui y déambule, ce ne doit pas être trop dangereux pour la santé de votre carte de crédit. On y trouve de tout.
Il faut évidemment que vous agrandissiez la photo pour lire leur description du Kone-tay. C'est assez distrayant que pour vous retenir au rayon des fromages pendant quelques minutes et vous faire bousculer quinze fois. A ce propos, encore une fois je ne suis pas habitué aux dollars, mais les fromages français et autres ne me semblaient pas tellement plus chers que chez nous. Par contre, impossible de trouver des yaourts un peu convenables, même si Dannon et ses Activia a débarqué, le tout reste plutôt sucré voire très calorique, même en non-fat. Mystère. C'est comme ça partout.
Sinon, comme dans la plupart des supermarchés que j'ai eu l'occasion de parcourir (K-mart, Duane Reade, The Food Emporium, Dean & Deluca, Fairway, Trader's Joe à Union Square, Zabar's, Gourmet Garage à Chelsea, Whole Foods, et en général l'ensemble des gourmet groceries et gros Delis etc.), j'ai trouvé de larges assortiments de sauces diverses, à la tomate ou non, le coin des repas tout prêts à être mangés qui dépasse de loin ce qu'on trouve par chez nous, un traditionnel coin muffin-cookies, souvent quelques bagels, des fruits et légumes bio qui n'ont pas la sâle tête qu'on leur connaît ici et un très large choix de boissons. Mais ce n'est pas franchement différent de chez nous, faut pas croire. Sauf que le système de file aux caisses du Whole Foods semble efficace. Et que le personnel est là pour vous aider et emballer vos courses, parfois.
LES EPICERIES DE QUARTIER
Tout New York est parsemé d'adresses originales où faire ses courses à des prix plus ou moins normaux. Ici, on aperçoit le Butterfield Market sur Lexington Ave entre la 78th et 79th rue, dans l'Upper East Side donc. On y trouve un peu de tout et un peu toujours la même chose que partout. Il semble nécessaire de proposer des fromages de qualité, et toujours autant de prêt-à-manger, des fruits et légumes, etc.
J'y ai pris en passant un low-fat bran chocolate muffin, parce qu'après avoir discuté avec le vendeur je me serais senti coupable de ne rien acheter. Pas mauvais mais pas très facile à manger non plus, ce qui me rappelle pourquoi je ne suis pas le plus grand amateur de muffins du monde. Les muffins font des miettes. Or donc à part les épiceries on trouve un tas de salons de massage chinois pour le dos et les pieds, des boulangeries "au bon pain" que je ne vous conseille franchement pas et qui doivent sûrement fournir leurs croissants aux compagnies aériennes, des galeries d'art, des manucures à tous les coins de rue.
Il y a un tas de bonnes adresses de ce genre. Entre autres je suis aussi allé chez Todaro Brothers, plus bas sur la 2nd Avenue entre la 30th et 31st rue. Ils sont plus spécialisés en produits italiens. Pour les produits italiens justement, on en trouvera d'excellents au Chelsea Market chez Buonitalia, et surtout pas dans Little Italy. Enfin peut-être par-ci par-là mais le voyage n'en vaudra pas la peine, c'est le piège à touristes par excellence. Il y en a plein des endroits comme ça.
QUEL NUL, CE TOURISTE
N'allez pas croire que j'ai passé ma vie à Manhattan. J'ai filé dans le Queens puis à Long Island City pour le PS1, Centre d'art contemporain, et je suis allé à Brooklyn. Et bien entendu, j'ai décidé d'aller à la Statue de la Liberté parce que je suis un touriste, même déguisé en civil. Je me suis donc rendu comme prévu à l'embarcadère et j'ai aperçu le nouveau point d'embarquement pour le Ferry de Staten Island. Cool. Allons-y franchement, j'attends mon ferry, les touristes se jettent à l'intérieur parce que c'est gratuit, ils se ruent sur la promenade extérieure et y restent debout. Je me suis assis à la galerie du dessous, tout aussi extérieure, et j'ai attendu. On s'est progressivement approché de la Statue avant de bifurquer, de s'en éloigner et finalement de s'arrêter à Staten Island. Notez bien que c'était prévisible.
Ce doit être le destin, et tel Indiana Jones ou plutôt Robinson je me suis lancé à la conquête de l'île. Staten Island est un joli morceau de terre qui a la particularité rare de sembler entièrement anesthésié. Vous passez votre temps à vous demander si vous allez rencontrer quelqu'un de vivant ou au moins un zombie, mais ça n'arrive jamais. Et comme il n'y avait rien de sensationnel à faire ou à voir et que je craignais de m'endormir sur place où on ne me retrouverait plus jamais, j'ai repris le ferry vers Manhattan. Je déchiffrai alors à nouveau les signes du destin: la Statue de la Liberté, c'est vraiment un truc pour les touristes. Où est ma Vitamin Water?
METTEZ-LES DANS UN FERRY
Continuons. Comment encore se débarrasser de ces touristes qui encombrent Manhattan, portent des couleurs vives (selon Bill Bryson) et marchent lentement? Une grande partie de ceux qu'on envoie gratuitement à Staten Island finissent toujours par revenir d'une manière ou d'une autre. Il a pourtant fallu trouver un moyen de ne pas étouffer sous l'afflux de visiteurs, notamment dans le Financial District à Downtown. Alors Dieu qui ne voulait pas arracher une autre côte à Adam décida de réhabiliter un dock et d'en faire South Street Seaport, un gros centre commercial pour touristes dans une ambiance aussi synthétique qu'Eurodisney. Avec des vendeurs de hot dogs et même des spectacles de rue. Un peu comme Times Square, tout ça est bien joli mais c'est nul. Chelsea Piers, ça c'était un meilleur choix.
I KNOW WHAT YOU DID LAST SUMMER
Me métroportant vers le Nord, j'avais très envie de voir l'université de Columbia, et c'était vraiment intéressant. En passant, j'ai pris le mauvais métro et me suis retrouvé à l'autre bout de Harlem, à l'Est, mais au moins j'ai visité le quartier. Non, Harlem c'est plus comme ça, c'est comme le Bronx, c'est sûr. En tout cas si on le pense très fort, ça marche à peu près. On dirait qu'il fait gris, hein, mais pas du tout. Comme chaque jour, il fait simplement étouffant. Quant à l'Université, c'était un grand jour et les parents amenaient leurs enfants, leur frigo, leurs affaires qui devaient rassembler 40 millions de dollars.
C'est tout une industrie, vous sentez que vous entrez dans quelque chose de grand et de réconfortant, un système qui est capable de fabriquer des dizaines de Prix Nobel. Il y a de vraies associations d'étudiants, les sociétés secrètes et moins secrètes, les clubs de sport, et un campus digne des meilleurs films d'horreur comme Scream, Souviens-toi l'été dernier et les autres. En sortant de là avec mes prospectus et mon dossier de quasi-bienvenue (je fais bien semblant), j'avais presque envie d'y aller. Toutefois j'étais en retard et il fallait que j'aille à Brooklyn.
40 JOURS POUR MOURIR
Le pont de Brooklyn est une merveille architecturale qui vaut la peine de le franchir à pied, d'autant que les guides vous le recommandent chaudement. De l'autre côté, on vous promet une terre joyeuse et détendue où les enfants courent nus dans les caniveaux, un oasis de vie nocturne folle et débridée, des appartements moins chers, la meilleure pizza de la ville et des cheesecakes à se damner. Vous avouerez que c'est tentant. Et en effet, je vous le concède, le franchissement du pont est une expérience unique en son genre.
Jamais vous n'auriez autrement envisagé de parcourir une si longue distance en plein soleil alors que d'habitude vous vous climatisez dans les librairies, ce qui rend la traversée presque aussi distrayante qu'un pélerinage dans le désert de Gobi. De sombres individus moyennement rasés vous proposent des "ice cold water" tous les 50 mètres côté Manhattan, mais vous pouvez bien fondre sur place quand vous arrivez côté Brooklyn, surtout si vous décidez de ne pas prendre les escaliers à gauche près de la Watchtower des Jéhovas, et de continuer votre route entre 2 voies automobiles infranchissables, toujours au soleil. Inutile de préciser que vous n'arrivez pas frais comme une rose au petit matin, mais en contrepartie les vues sur Manhattan sont fabuleuses.
AMERICAN FLURRY
Dans la rue quand jadis j'étais encore à Manhattan, j'avais entendu une femme au téléphone dire "Why is he asking me for one dollar? I live in Brooklyn". Ceci annonçant déjà ce qu'on pourrait éventuellement y trouver, je me suis rué dans un McDonalds afin de transcender l'essence du fast food. Je ne me suis pas rendu dans un Mcdo, Wendy's, Burger King ou autre durant mon séjour. C'est sâle et puis c'est pour les pauvres et pour les touristes, à ce qu'on dit, et ça a l'air vrai. Comme il n'y avait pas de touristes ici, j'en ai déduit qu'il ne devait y avoir que de la crasse et des pauvres et j'ai pris un McFlurry aux miettes d'Oreos. Après cette expérience d'immersion sociologique, je suis reparti sur Flatbush avenue où un vieillard m'a demandé de hurler dans son téléphone bluetooth pour dire à sa femme que tout était possible, ce que j'ai tenté de faire à plusieurs reprises. Sur quoi j'ai levé tous les bras dont je disposais et j'ai sauté dans un taxi qui m'a ramené à Manhattan.
POUR QUI ME PRENEZ-VOUS?
Vous aurez remarqué que je n'avais alors pas vu la trace d'une pizza ni humé l'odeur d'un cheesecake, ou inversement. J'avais aussi bypassé Brooklyn heights qui promettait monts et merveilles à ses marcheurs. Je suis retourné à Brooklyn, un soir où je devais avoir moi aussi bu trop de café, je me suis arrêté sur la-dite promenade de Brooklyn heights et c'était particulièrement beau comme vous pouvez le constater par vous-même. C'était tellement beau que je me suis fait aborder par un jeune homme qui tenait absolument à savoir si j'allais à SVA, mais comme sur le coup tout ce que SVA éveillait en moi était une vague allusion au service après-vente des magasins d'électronique nous avons dû changer de sujet. Après tout, l'important n'était pas de savoir si j'allais à SVA mais plutôt de trouver quelque chose à dire pour amorcer la conversation. J'appris plus tard que SVA était la school of visual arts et je fus flatté, je m'y serais bien vu finalement. Je décidai finalement de revenir rapidement une troisième fois à Brooklyn, juste histoire de prendre un cheesecake chez Juniors. Etant un des seuls clients face à une horde de skaters déchaînés, je n'ai pas pris de photos. Un des meilleurs cheesecakes si vous souhaitez avoir mon avis, mais il n'avait pour croûte qu'une génoise (what a pity).
D-SQUARES
Les parcs urbains me fascinent toujours. Je vis dans la campagne, en général, mais je ne passe jamais autant de temps dans les espaces verts que quand je vis à nouveau en ville. On y trouve des tas de gens qui, d'où qu'ils viennent, se retrouvent assis sur les mêmes bancs, à lire ou à siroter des Jamba Juice à propos desquels ils feraient mieux de se renseigner quant à la valeur énergétique. Je ne reviendrai pas sur Central Park évidemment, tout le monde n'a cependant pas le temps d'y courir à la pause déjeuner. Ici, Bryant park est un endroit plein de charme, d'élégance, sans être huppé pour autant, et qui côtoie tout de même la bibliothèque publique principale.
Union square est un autre lieu de qualité, et c'est aussi parce que régulièrement on y retrouve un farmer's market. Aussi quelques jours par semaine, quelques hommes et femmes négligemment habillés comme des fermiers hippies aux longs cheveux noués viennent vendre leur pain, leur confiture, leurs fruits et légumes de première qualité, histoire qu'on ne les confonde pas avec des New-Yorkais. Peut-être même qu'ils ont les ongles sâles. On y retrouve aussi jusque tard dans la nuit un tas de jeunes qui boivent de la bière dans des bouteilles de coca, mais ne le dites à personne. C'est un lieu vivant.
C'est bien pour ça qu'on retrouve également à Union Square un Whole Foods, qui présente pour lui-même le grand désavantage d'être à l'extérieur du parc, je veux dire de l'autre côté de la voirie. Nous ne sommes pas sur une place italienne où les commerçants des bâtiments entourant la place donnent également sur la place. Ici, les bâtiments donnent "virtuellement" sur la place, mais leur entrée donne sur le trottoir, puis la voirie, l'autre trottoir et enfin la "place", qui est en fait un parc. C'est le cas de nombreuses villes contemporaines, ici l'infranchissabilité de la voirie crée une frontière entre le parc et sa périphérie construite, protégeant le farmer's market qui s'y installe. Ce n'est qu'une théorie qui me vient comme ça mais je suis sûr qu'elle a son petit effet. Whole Foods c'est la ville, le farmer's market c'est le parc.
PARC ET VILLE CONFONDUS

Il arrive que de grands projets se mettent à vouloir fusionner l'espace de parc et l'espace de ville. C'est le cas de la prestigieuse High Line dont tout le monde a plus ou moins vaguement entendu parler. Dans les livres, on y voit un vieux morceau de ligne aérienne reconverti en promenade plantée et on se dit que c'est définitivement un petit projet sympa.
LA HIGH LINE

Ici la low-line, le métro souterrain normal
Sauf qu'en fait la High Line est très longue et qu'en me promenant 5 minutes, j'étais déjà tombé par hasard sur un projet de Diller & Scofidio, un immeuble de Gehry pour IAC et je feignais d'être intéressé par une hôtesse de real estate qui me vantait les nombreuses qualités du nouvel immeuble de Jean Nouvel, lui aussi. Sur la photo plus haut, il semble que l'on aperçoive le chantier du nouveau Standard hotel, une chaîne qui ne fait pas dans la dentelle. Se promener le long de la high Line, c'est un peu comme ranger son grenier.
A ce propos, on trouve pas mal d'informations dans un article de plusieurs pages du magazine New York. En gros, la High Line, c'est un peu là que l'on pourrait vous souhaiter de vivre en ce moment parce que votre appartement va prendre dix fois plus de valeur. Oh, bien sûr, si vous n'étiez pas encore au courant, c'est juste à l'ouest de Chelsea, jusqu'au Meatpacking District que j'ai mentionné hier, qui est le quartier über-branché. De quoi rivaliser avec le Lower East Side, l'East Village et Brooklyn, d'autant qu'ici on garde surtout un côté "industrial chic" et très arty, définitivement design. Je vous dis ça, je n'étais là que 10 jours. Tout ça va profondément changer l'ensemble du quartier.
MON BUT DANS LA VILLE
On fait quand même de belles photos depuis l'Empire State, surtout en 7MPixels. Armé de mon Zagat, qui finalement n'est pas le plus lourd des guides, j'ai parcouru frénétiquement la rubrique "cookware & baking supplies" à la recherche de paper baking cups. Des caissettes quoi. Je sais que je peux en trouver sur internet mais je n'y achète jamais rien, c'est un principe. Et puis je voulais absolument les mêmes que la madame de Cupcake Bakeshop. Comme New York est la ville du cupcake, je me suis dit que ça devait être facile, mais non. Le seul, et je dis bien le seul endroit où j'en ai trouvé est cette boutique à 4 pas de mon hôtel (2 ou 3 rues et une avenue quoi...). Retenez cette adresse car elle est formidable.
NYcake, c'est Dehillerin, Detou, Mora et tous les sites d'achat de produits de cuisine rassemblés en un seul lieu. C'est aussi un des seuls endroits où ils ne vendent pas seulement des blocs de Callebaut (visiblement très populaires) en noir, blanc ou lait, mais aussi du valrhona et d'autres marques, le tout en gros blocs. Des callets de toutes les couleurs, des sucres, farines de toutes origines, des moules et emporte-pièces de toutes les formes, et énormément de colorants (toute la palette des couleurs), en poudre, gel, liquides, en paillettes (plus de 100 couleurs), en vaporisateurs, dorés ou argentés, des arômes de fous, une montagne de texturants et adjuvants, du vrai matériel de professionnel, et tout ça sur un seul étage ce qui est très pratique en plus d'être impressionnant. Le personnel semble légèrement étrange mais très sympathique, un peu comme chez Detou quoi. Fi de toutes les autres boutiques, c'est celle-ci ma préférée.
AH NON EN FAIT, J'OUBLIAIS
Mon but principal, en fait, c'était de m'amuser parce que je suis un peu comme ça finalement. Aussi avec 2 gentilshommes motivés, nous avons décidé d'aller boire un verre. Boire un verre à New York ne se fait pas au hasard, on a besoin de sa carte d'identité parce qu'on va forcément boire de l'alcool, personne ne s'assied en terrasse pour prendre un café. Par chance Blogueuse 1 et Blogueuse 2 m'avaient toutes deux sans le savoir renseignées le bien-nommé 230 Fifth, au 230 fifth avenue. On voit la terrasse plantée sur la photo depuis l'Empire State, je vous laisse imaginer la vue sur l'immeuble éclairé la nuit et sur le reste de la ville. L'intérieur lounge est très sympa aussi.
Sortir à New York vous donne un peu l'impression d'être suspecté de meurtre et puis de faire partie d'une secte. Evidemment, il y avait une pancarte indiquant la liste des vêtements et accessoires désirés, un type vient vous scanner des yeux pour vérifier la bonne application du dress-code, puis un autre vérifie votre ID, un troisième vous envoie dans l'ascenseur, etc. Le plus amusant dans ce genre d'endroits comme toujours ce sont les toilettes où un bonhomme vous ouvre le robinet, vous tend le savon, rouvre le robinet, vous tend une serviette et vous demande de choisir votre parfum parmi la vingtaine de flacons dont il dispose. Malheureusement il n'avait pas mon Philosykos et j'ai dû me rabattre sur Le Mâle. C'est moche, hein, mais je lui ai quand même donné un pourboire. Et puis évidemment j'ai pris un Cosmopolitan parce que là aussi je suis comme ça, et ça m'a coûté 13$. Ce bar est formidable, mais les gens y vont clairement pour se montrer. Ca ne me pose pas plus de problèmes.
LOVE YOU DEAN, LOVE YOU DELUCA
Je ne vous ai pas encore parlé de ma grande affection pour Dean & Deluca sur Broadway. Autant Zabars est plein de trucs dont je ne saurais que faire si on m'en faisait cadeau, autant Dean & Deluca tout en étant relativement expensive est rempli de tout ce que j'aime. Inutile de parcourir la ville à la recherche du meilleur pain, des meilleurs gâteaux ou cookies et de la dernière tendance en matière de boisson, ils rassemblent tout et vous disent d'où ça vient. Merci. Et surtout, on y mange sur le pouce des préparations absolument délicieuses. Il me semble que je dis tout le temps "absolument délicieux". C'est donc très très bon.
Comme d'habitude, je me nourris de sushis (je suis un peu obsessionnel vis-à-vis des sushis, c'est vrai), d'eau minérale Hint au concombre et tout ceci a l'air particulièrement diététique, il suffit d'ajouter une part de Soho Cheesecake. Ce dernier n'a pas de croûte en fait, mais il est vraiment fondant et très légèrement acidulé, pas écoeurant. Tenez, rien que leur logo est d'une fraîcheur, d'une sobriété intelligente qui vous appelle à la consommation. J'étais pourtant certain que j'allais les snober comme le Lafayette Gourmet et la Grande Epicerie.
A LONDRES C'EST CATS
Quand je suis retourné à Londres il y a quelques années, je suis allé voir Cats, ce n'était pas extraordinaire. Ici, il y a bien Broadway mais ce n'est pas la même chose, il y a Katz, et si c'est effectivement extra-ordinaire ce n'est certainement pas formidable. Tous les guides vous en parlent, on vous promet le meilleur sandwich au Pastrami de la ville dans une ambiance vintage sans trucage. C'est relativement vrai, puisqu'on dirait une grande cantine avec service à table si on le souhaite, ou pas. J'ai commandé au comptoir un sandwich au pastrami, moutarde et voilà.
Ca n'a pas l'air très bon comme ça. Rassurez-vous, une chose est sûre, ça ne l'est pas plus que ça n'en a l'air. A mon avis c'est parce que je n'ai pas fait la guerre et que je ne suis pas juif, mais ce n'est pas trop mon truc. J'ai rarement dans ma vie mangé une viande aussi grasse et suintante, sincèrement c'est abominable. Le pain n'est pas seulement jaune à cause de la photo, en vérité on croirait qu'il a servi à récurer une vieille poêle à crêpes. Si seulement c'était bon, mais non, ça a un goût de gras tiède et en plus c'est difficile à manger. Par contre, merveille, les cornichons étaient succulents. Conservés au sel et légèrement vinaigrés, c'est vraiment agréable. Il faut bien ça, parce que le sandwich vous revient 15$. Alors bon.
En consolation, se promener dans la ville est une expérience au delà de tous les clichés. Le lower East Side où l'on revient toujours malgré soi, est un de ces endroits agréables et un peu bohêmes. Après avoir soigneusement évité Katz, on pourra éventuellement aller jusqu'à Chinatown prendre un dim sum comme tout le monde. Sinon on pourra prendre l'équivalent d'un Jamba Juice chez Surf city squeeze au 36 St Marks Place. C'est une chaîne, mais en matière de smoothie ce n'est pas réellement un problème, et il n'y a rien de tel que de tester de nouvelles chaînes pour savoir de quoi tout le monde parle. Une minute, vous croyez qu'il y a moyen de passer chez Dean & Deluca?
VOUS FAITES PAS DE MEURON
Alors que j'errais tout ébaudi, j'ai été appellé par un reflet vert d'une rare intensité. Guidé par la lumière divine, et puisque j'avais visiblement été touché par la grâce - le vert est une couleur formidable - j'ai modifié mon itinéraire et me suis précipité dans Bond Street pour tomber sur une façade effectivement bien verte que j'ai trouvée, disons, franchement singulière. Et là, je vois que c'est encore un coup d'Herzog & De Meuron dont le site internet est introuvable. Alors que je tentais d'en savoir plus, une promeneuse âgée s'est arrêtée et m'a dit "oh boy... that's ugly". En un sens, je pouvais la comprendre. On pouvait lire "Herzog & De Meuron radically reinvents the cast-iron building", mais on a un peu de mal à deviner l'allusion. L'intérieur a l'air vraiment sympa. Quant à l'extérieur, c'est un bijou un peu clinquant.
MIDNIGHT TAXI
En matière de scintillements divers, la ville de nuit offre de nombreux services et est très sûre. Je l'ai plusieurs fois traversée vers 2 ou 3 heures du matin sans rencontrer de problèmes, et je ne dis pas ça uniquement pour que vous vous demandiez ce que je pouvais bien faire debout à pareille heure. D'ailleurs, il y a toujours des gens un peu partout, mais c'est quand même plus reposant, plus calme, et c'est une autre manière d'aborder la ville. Il fait tellement étouffant dans les stations de métro, de toutes façons, c'est bien plus agréable de marcher. Et même si on m'avait forcé à marcher sur des clous, je ne serais plus rentré dans le métro. Ceci explique pourquoi à la fin de mon séjour j'étais devenu un expert en cab-hailing. Je ne voyageais plus qu'en taxi et en bus. Il me semble que le métro ne va pas partout et jamais là où je veux. Les chauffeurs de taxi qui sont parfois un peu sourds vous amènent éventuellement à la thirteenth street au lieu de la thirtyth, mais avouez que la différence était subtile.
FLORAISON
Il y a quelques semaines, je n'avais qu'une image théorique de New York et maintenant, j'ai une masse de souvenirs. Je suppose que les deux vont se mélanger. Synthétisons un peu ce qui vient d'être écrit, comptons. En deux jours j'ai placé 12000 mots soit 24 pages ou 950 lignes, ce qui signifie peu de choses sinon que je déborde un peu. Il faut écrire tant que la mémoire est fraîche. Je me suis ramené 10 paquets de Jell-O, des chaussures, un sac, un t-shirt, trois livres, j'ai vu Stardust et je vous le recommande. Les spectateurs ont applaudi. La prochaine fois j'irai en Chine ou au Japon.
Et eux, ils en pensent quoi?
je crois que c'est la 1ère fois que je vais imprimer autre choses qu'une recette de cuisine sur un blog dit culinaire: ce n'est pas un billet, c'est une revue et excellente, pleine d'infos un rien décalées.. comme toi! je n'ai pas tout lu: tu écris à 4h00 du mat, je lis à 3h30 (du mat)..il faut que je reprenne mon souffle. Merciiiiiii, j'ai adoré!
Merci beaucoup pour le reportage : tu n'es pas le premier bloggeur a nous causé de NY mais je dois dire que l'oeil architecto-cheesecakeaddict est très intéressant !
Comme le dis très bien avital, quel billet..je ne sais meme pas si on peut encore appeler ca comme ca, une vision très interessant et des mots choisis qui me font un peu revivre mon séjour, chapeau bas monsieur !!!
Merci pour ce partage.Billet fantastique!
Wow, j'adore ton humour. Merci pour les informations, je vais passer un week-end à New-York sous peu, les adresses et reviews sont bien appréciés.
Comment aurais-je pu voir tout ça en 1 seul jour à NY?? Merci pour ces billets...!
Je vole le Wow de Marie-Claude... et j'y ajoute meme Wouah ! Ce billet est "absolument delicieux" et me rend nostalgique.
Je partage ta passion pour le Dean & Deluca !
Chouette article et super photos !
NY Cake and Baking supplies est mon fournisseur officiel de chocolat Callebault ;)
PUF ! Même plus la peine de prendre un billet pour NYC, tu as TOUT dit. ;-)
marant !
je suis future architecte, et à NYC l'été dernier, j'était horrifiée de voir le guggenheim en travaux... j'hallucine qu'il reste emballé aussi longtemps ! trop bête en tout cas !
bon voyage, et bonne continuation sur ce blog très sympa !
Salut à toi, marathon-man! Beaux billets tsunamiques, que j'ai relus plusieurs fois pour une meilleure imprégnation (car figure-toi que tout cela m'intéresse au plus haut point, NY étant notre prochaine destination si tout va bien).Et pour reprendre ds la tonalité de Miss Tiny:
"mais toi non plus, tou n'as pas changé...", toujours cet humour, cette vision décalée...Tu peux faire un troisième billet (car je suis sûre qu'il te reste des choses en réserve), on répondra présent!
je vois, nous avons les mêmes adresses à NY!
Thanks a lot!!!!
Ouahou
Bravo, tout d'abord pour ton blog que je découvre. Tout ce que j'aime la nourriture et NY, ton message est incroyablement chouette. Mais dis-moi combien de temps tu es resté à NYC?
Je repars en novembre 1 semaine et compte bien te voler qques adresses :o)
Plus de commentaires depuis le 12 septembre, coco... On se lasse de l'absence, du côté de l'audience.
Ca me donne l'occasion de dire tout le bien que je pense de tes commentaires péripatéticiens, d'un pays où je n'ai jamais mis les pieds, ni les lèvres ni les dents.
On en émerge vaguement écoeuré de sucre, de crème et de fudge, ce qui doit être l'effet voulu, et atteint. Encore !
Tiens, tu as changé ta photo ? (coquetterie, déjà ? Tu y parais plus jeune...)
Du salé, du salé ! (crie le fan-club)
Ca va pas du tout !!!! T'as pas goute le cheesecake de chez Junior's !!! Faut revenir,je te guide !
Tu nous manques!
Voila plus de deux mois que tu nous a parlé de la grosse pomme. Super reportage au demeurant, tu as vu New York comme je reve de le faire. En plus ca me rassure, mes potes me prennent pour un dingue pourtant sociologiquement, y a rien de mieux pour vois comment vivent vraiment les autochtones. Par contre etonnant que tu n'est pas visité greenwich plus que ca lol.
Enfin, tous ca pour te dire que tu manques dans la blogoshère et que même si tu es période tomate, rien n'empêche que tu nous en fasse profiter: t'es pas le seul au regime lol.
See u soon?
* mes potes me prennet pour un dingue quand je leur di que je vais visiter les supermarchés à l'étranger.
plus compréhensible comme ca...
* mes potes me prennet pour un dingue quand je leur di que je vais visiter les supermarchés à l'étranger.
plus compréhensible comme ca...
A mon tour d'y aller...j'y serais du 23 au 2 décembre....
Alors comme ça tu fais partie du jury bruxellois de la cuisine cup...
Petit veinard! Attention toutefois aux indigestions avt les fêtes de fin d'année (!).
A part ça, tu reviens bientôt sur la toile?
J'avoue que quand tu nous conseilles les supers bagels de NY et que pour toi, ce sont les meilleurs, je me rappelle ce bagel désseché que j'ai cru de prime abord en plastique, que tu avais déniché (c'est le mot) dans cette drôle de station essence sur le chemin de Prague... Je me rappelle surtout qu'après qu'il se soit évadé sous le siège du bus, tu nous avais assuré qu'il était très bon, avant de le faire pénétrer de force dans ton sac, sans même un vieux sachet...
Alors, depuis, tes bagels, je m'en méfie comme du jus de cactus! ;)
Hello :))
Ca c'est du blog :)) un carnet de route super complet :)) j'ai adore vous lire le tout en regardant les jolies photos d'illustration :)) et les petites musiques à declencher :)) C'est tres sympa de partager aussi clairement son experience :)) Merci à Vous
Bonne Route +++
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