Qu'est-ce qu'on mange le 08 mars 2009 ?
Such a Perfect World Wide Web. A cause de nous.
Bien. Or donc, chers fidèles lecteurs de mon défunt blog de cuisine, chers nouveaux lecteurs, chers anonymes inconnus arrivés par hasard, ceci n'est pas un come back. Je ne veux pas dire par là que je ne reviens pas, façon Henri Salvador, mais je ne reviens pas "de retour". Je reviens, autrement. Comme Naguy, comme Karen Cheryl, comme JR mais... Bon. Comme ça, quoi. Je reviens, en plus chiant. J'étais là, j'étais plus là, je suis pas encore là, mais après tout je n'ai pas à me justifier. D'après les statistiques, des visiteurs ont continué à me rendre visite, ma boîte mail est remplie de SPAM. Alors oui, je peux encore dire que j'ai un blog.
Je ne reviens pas en tant que cuisinier, parce que ce n'était pas là euh... mon destin. En vérité, je suis moine. Moine italien, rempli de parmesan et de mortadelle, de mauvaise crème de balsamique à la farine de gomme arabique de synthèse. Moine amoureux et déçu. Amoureux de la cuisine. Résigné à vivre sans alors qu'il préférait la vie avec. Un blog de cuisine, qu'on le veuille ou non, fait grossir. Ceux qui ne prennent pas de poids, je veux dire physiquement, prennent peut-être un peu la grosse tête, ou le pli de la société, ou simplement ne sont pas contrariants, pessimistes ou manichéens. Mais je suis contrariant, pessimiste et méprisant.
Éternellement insatisfait, je suis méchant et lâche, et je déteste la forme de mon nez, mais plus que tout, je ne supporte pas la pub sur les blogs. Je veux dire, pas la gentille pub qui est un coup de pouce pour des restos qui gagneraient à être connus, comme l'Intemporel, vous voyez, rien de bien méchant, qui souffrent de leur injuste anonymat (ô drama queen), pas la gentille pub qui renseigne sur les bonnes adresses et les gens épatants, ou intéressants. Non. Je déteste la vilaine pub google, l'adware, les promos pour Pyrex et Tefal et les promos personnalisées. LE contenu interactif, google se charge de tout, vos liens s'illuminent et votre contenu est enrichi, c'est formidable, il s'adapte aux recherches de vos clients, pardon, vos lecteurs, pardon, votre public. Oui, toi, le ou la (plus souvent la) spécialiste culinaire online, tu as choisi la pub, et c'est un choix que je n'approuve pas. Je le dis, c'est tout, notez bien qu'on s'en fiche un peu au final. J'explique simplement pourquoi je suis parti, aussi.
Et pourtant, j'adore le marketing. C'est un peu gros comme affirmation, je sais, on ne peut pas raisonnablement adorer le marketing alors disons que je m'y intéresse vivement. Je ne peux pas non plus être totalement contre la pub, moi-même je fais des pubs, je fais imprimer des flyers, des invitations, je fais des mails. Et pourtant, la différence est que je défend un contenu précis, je ne vante pas les mérites d'une crème minceur en 4 colonnes adjacentes, sur un blog qui propose des recettes au beurre et au chocolat. Je soigne le texte et la présentation, parce que certaines idées méritent qu'on les développe et bien sûr que c'est un parti pris, mais je sais ce que je défends. Je ne confie pas un espace libre à une multinationale de milliardaires responsables des quelques euros payés par leurs clients à l'entreprise quelconque, qui ont certes bien raison d'y prendre part. Je ferais pareil, rien à perdre ou si peu, tout à y gagner. Sauf... Sauf que c'est le concept de départ qui n'est pas bon. Vous êtes libre de le croire, toutefois.
Enfin, pour ce qui me regarde, je le fais gratuitement, et j'y tiens. Oh je sais ce que vous pensez, détrompez-vous, je ne suis pas idéaliste, je ne suis pas altermondialiste, je fais pipi dans les buissons le long des autoroutes, je ne mange pas 100% bio ni végétarien, je ne manifeste pas contre MacDo, et pourtant peut-être que je devrais. Mais adware et les blogs de cuisine, les sponsors et les propositions de rémunération, c'est non. Ne vous effrayez pas, l'argent récupéré sera consacré à l'achat de livres de cuisine, ou même pour des associations, c'est super sympa, j'adore, je trouve que les gens qui donnent pour les associations ils sont super généreux, et ils ont bien raison de le dire sur internet, pour promouvoir l'association, et parce que si ils ne disent pas qu'ils ont donné ben ça sert à rien, quand même, personne ne les prendra pour les petits frères des pauvres. Mais qui donne à l'association contre la publicité "ciblée" sur internet?
Les blogs c'est trop facile, tout le monde en fait, et tout le monde veut être cité dans Marie-Claire ou dans le télé-hebdo de Meurthe-et-MoselleMeurthe-et-Moselle. Première chose, donc. Je ne vais plus sur les blogs de cuisine, j'ai acheté des livres de cuisine avec de l'argent que j'ai gagné sans avoir généré plus de trafic, plus de liens, plus de clics, plus de ventes, et je vous jure que le résultat est efficace. Pas des livres de blogueurs, hein, cette tentative des éditeurs de vendre plus d'exemplaires en exploitant la précieuse renommée toute faite des blogs et leur petit côté sympa, on est en confiance, entre amis, presque en famille. Non.
Imaginons... Si google vous proposait de supprimer trois blogs en échange de 200% de rémunération par clic, en garantissant l'anonymat du bourreau élu et récompensé, hein? Je ne suis pas sûr que la famille serait encore aussi soudée. Ne riez pas vous deux dans le fond. Et si au lieu de la rémunération google proposait de tripler ou... disons, de multiplier par dix le trafic de visiteurs ? Vous ne risquez rien, vous avez tout à y gagner. Je caricature, je sais. N'est-ce pas?
Et pourquoi c'est devenu comme ça, j'en sais rien. Ce qu'il y a de plus intéressant, ou de plus dramatique (ô drama queen, bis) c'est que la cuisine est effectivement revenue à la mode, et sans doute que c'est une bonne chose. Ou pas. Parce que si ça signifie qu'on doit se taper tout les soirs la version réelle d'un "dîner presque parfait", et vas-y que je ne mange pas d'agrumes, j'ai pourtant bien dit que je ne mange jamais de porc et que je ne bois pas d'alcool, ce que tu ne sais pas parce qu'on ne se connaît pas, il aurait pu faire une assiette pour moi, je déteste le poisson alors je mets 3/10, l'ambiance j'ai pas aimé la danse, j'aime pas le rouge alors la déco c'est 2/10, je trouvais que c'était trop simple, ou pire. Cette semaine, Thierry, marin-pêcheur en normandie (sur nos chaînes belges, dérivées RTL de M6, même groupe et mêmes producteurs de supernanny et compagnie, nous sommes un peu en décalage), Thierry donc nous a fait une merveilleuse démonstration de concurrence pure, affirmant avant même avoir goûté le menu de son hôte qu'elle n'avait aucune chance contre lui, qu'elle allait se planter et que ça allait être dégueulasse, sur un ton absolument insoutenable de prétention et de mépris. Ensuite, lors des habituelles confidences dans le débarras, sous une corde à linge pleine de soutiens-gorge et de slips kangourou, dans la salle-de-bains éclairée à l'uranium, dans le garage repaire de chauve-souris huileuses en fond de vieille machine à laver défectueuse, hors du temps et du bon goût ou tout simplement de l'intimité des pièces les plus désordonnées d'un petit appartement, il confiera avoir très mal mangé, elle ne sait pas faire la cuisine, c'est dégueulasse, etc. Et comme de bien entendu, après avoir été odieux, il verse la somme qu'il a finalement gagnée, par son courage, sons sourire et son grand coeur, à... une association. C'est bien ce que je pensais, je l'adore.
Or donc, pour en revenir à la pauvre ingénue dont il est question, cette hôte incapable de cuisiner, la sotte, qu'on lui jette des cailloux et qu'on brûle ses vêtements dans sa fausse cheminée Gifi, qu'on éventre ses fauteuils Alinea, si ce n'était déjà fait par la force des choses, qu'on lui jette à la truelle et au visage sa purée trop sèche qui ne contenait même pas de cardamome, ce n'était pas original, d'autant que je le sens, il y avait certainement du mauve ou du vert pâle quelque part dans sa déco et je déteste ces couleurs. Alors elle mérite ses mauvaises notes, rien que parce que je suis un salaud, parce que son dîner n'était pas parfait et que c'est une honte, oui, une honte, parce que tout le monde devrait être à même de divertir ses invités, de préparer des cocktails savants et parfaitement adaptés au goût d'inconnus venus se confesser dans nos toilettes avoir mangé une viande trop cuite ou trop salée, de les faire danser la capoeira (quoi que trop ethnique, ou trop difficile, ou simplement trop rien-à-voir) entre le plat et le dessert, de servir 5 personnes en même temps sans passer une seconde en cuisine et en leur proposant les mets les plus compliqués et les plus raffinés et les plus originaux, sans toutefois utiliser d'ingrédients ambigus ou susceptibles de ne pas être appréciés par tous, de décorer sa maison en restant épuré, multicolore, élégant, sobre, ethnique, encore, naturel, sophistiqué, convivial, différent, consensuel, amusant. Parfait, en somme, pour des connards obèses ou des vieux rustiques, des mamies sympa qui vont se taper un 4/10 parce que leur cuisine n'est pas copiée sur Délices ou Elle Cuisine ou Cuisine Actuelle, Actuelle mon c.. . Ce qui est actuel, c'est de miser sur cette évaluation, cette prétention incroyable de juger en public, de jouer les experts parce que bien sûr, ce n'est pas comme ça que moi j'aurais fait ça et gnagnagnagnagnagna.
Alors non, non plus. Parfois je fais des plats infects et je les sers à ma famille ou à des amis, et parfois c'est bon et ça me surprend moi-même, mais je n'ai pas la prétention d'organiser des soirées parfaites pour des inconnus, c'est ridicule. Et le pire, c'est que ça a l'air normal. A l'avenir, tout le monde devrait être capable d'être parfait, sinon ne vous étonnez pas de ce qu'on vous reproche. De la même manière, si vous avez du cholestérol et si vous êtes mort, ne vous étonnez pas, vous n'avez pas pris Danacol. On ne peut pas plaindre les gens qui n'ont pas fait tous les efforts nécessaires pour être parfaitement fonctionnels et efficaces, sinon où va-t-on ?
C'est bien la question. Je râle beaucoup dans ce message, mais c'est parce que je vous aime bien, toi, là, celui qui a tout lu. Arrête de manger des Activia, arrête d'essayer de faire des macarons, arrête d'essayer d'être à la hauteur de ça, c'est du temps que tu perds. "Personne ne me volera ce que j'ai dansé", c'est bien ça ? Je me suis dit, c'est vrai, autant danser.
Qu'est-ce qu'on mange le 08 novembre 2008 ?
NOT ANOTHER FAMOUS BLOG
Bon, maintenant ça suffit.
Qu'est-ce qu'on mange le 10 janvier 2008 ?
J'étais parti ce matin au bois pour toi
I'm back. Mais en même temps, il faut bien que je vous avoue quelque chose : je ne sais pas vous mais moi je n'ai pas froid. Alors comme je n'ai pas froid, et que j'ai repris la natation, et que je travaille beaucoup, et que je voyage, et que je fais un tas de choses que je ne devrais pas (je parle de sexe), comme je suis fort occupé, je suis loin de ma cuisine. Volontairement. Je fais même bien pire, parce que je mange des barres hyperprotéinées. Je pourrais vous proposer un comparatif de différentes marques, par exemple je ne vous recommande pas la barre "active balance" poire crispy enrichie en L-carnitine (300mg), trop sucrée et pauvre en protéines, réservée aux fanatiques de l'aquagym, "X-treme Power Flash" à la banane de synthèse, Scitec "Protein Boost" à la noix de coco ou au chocolat (retenez que la barre aux cacahuètes a un vrai goût de vomi), les barres Gerlinea chocolat (bien que ce soit pénible parce qu'il faut en manger deux - comme si une ne suffisait pas - et parce que leur emballage est laid, et puis évitons les repas à boire qui sont un peu boueux), peut-être que ma préférée reste la "Pure Protein Chocolate Deluxe". L'emballage brille et il y a "Deluxe" dans le nom. Tant qu'à faire, je prends de la levure de bière, de la crème pour les mains, un baume à lèvres JPG. Mais comme je n'ai pas de rollers, on ne remarque pas que je vis à Miami. Je plaisante, je vis à nouveau à Luxembourg depuis le mois de septembre. J'espère que ça ne vous choque pas.
MON AMOUR, POUR TOI
Techniquement je n'ai pas déménagé mais peu importe. Le luxembourg est un pays magnifique, c'est terrible mais c'est vrai. Où ailleurs trouverez-vous de plus généreux sandwichs à la choucroute, à la saucisse ou au pâté? D'autant qu'ils sont dressés avec tant d'élégance et de volupté sur des papiers dorés, et des colonnes romaines (abonnées au Fitness pour 1200€). En fait, ça fait trois jours que je regarde "Les chansons d'amour" tous les jours ce qui fait que je l'ai vu trois fois, et bien que je l'aime je ne chante toujours pas... Car oui, j'aime le luxembourg, aussi. En plus, vous voyez. Et peut-être qu'un jour il m'aimera en retour. En fait, pour de vrai, c'est tout l'inverse (je parle de sexe). Mais ce sera bientôt fini.
CUEILLIR LES PREMIÈRES FRAISES DES BOIS
Récemment, une amie bienveillante et régionale m'a invité dans un restaurant délicat et relativement gastronomique, à savoir le Chiggeri. Leur site internet est aussi pourri que leurs luminaires mais le reste est parfait. Non c'est vrai, parfait. Je ne vous raconte pas tout parce qu'un rouleau croustillant de foie gras et chocolat avec du cumin, on connaît, comme les Saint-Jacques à la truffe, au Pata Negra et au chocolat blanc. Je vais donc m'empresser de l'inviter en retour à l'Apoteca. C'est en plein centre et en même temps comme Luxembourg est minuscule, c'est à la sortie de la ville. Ceci vous assure une certaine qualité de paysage, d'ambiance et de pâte feuilletée. En théorie.
POUR TOI, MON AMOUR, POUR TOI
Sincèrement, j'en ai marre des blogs de cuisine. Pas tous, c'est vrai, je ne sais pas si je dois vous mettre la liste de mes blogs préférés, ce ne sera pas nécessaire, hein. Bon. Blog appétit me déprime à un point que vous n'imaginez même pas, ça fait des mois que je n'ose plus y aller de peur d'y apprendre une nouvelle recette de cookies au chocolat Herta. Parce que je ne publie plus et c'est vrai que je me nourris des déchets agglomérés de centrales nucléaires, mais j'ai fait ma pâte feuilletée moi-même pour mes galettes (aux pommes flambées, rien de plus, rien de moins), mes glaces pour le nouvel-an (bourrées de Super Neutrose, chimique, puissant et séducteur), mon rôti de veau farci aux airelles fraîches, jambon cuit et marrons glacés, sauce au Banyuls et airelles parce que je m'entraîne pour le concours de la meilleure maîtresse de maison masculine, les sucettes-rouleaux chocolat et foie gras de Lenôtre, comme tout le monde, des petits apéros, quelques chipotages divers. Mais tout ça, c'est passé et tout le monde s'en fout. Moi y compris.
JE T'AVAIS LAISSÉ ENCORE ENDORMI
Le Luxembourg est une région, plus qu'un pays. Qui s'étend jusqu'à la Belgique et la France, rayonne jusqu'à Trèves et Paris, en somme tout et tout le monde fusionne (woaw) en une espèce d'identité reculée, loin de tout où tout s'achète, ma bonne dame. Il faut aimer les scampis pour vivre à Luxembourg, qui se cachent dans les restaurants chinois et portugais. Ne me demandez pas pourquoi, mais il y a une épicerie asiatique généraliste de Type Tang, du côté de la gare (derrière l'Avenue de la Liberté). Et de l'autre côté de l'avenue, il y a les sex-shops, les bars louches, les cabarets sulfureux, les boîtes pourries et les marchands de cornets de pâtes. Je vous dis ça, c'est pour votre culture générale. Parce que si vous avez envie de sortir, je sais bien que vous irez au White VIP lounge, près de chez mon ex-orthodontiste. Je me ferais bien blanchir les dents, maintenant que j'en parle. C'est ça qui vous arrive quand vous entrez dans le système.
AU CREUX DU PETIT JOUR
Finalement, je suis un peu devenu ce genre de personnes désagréables qui critiquent tout. Je ne suis pas comme ça dans la réalité, mais je ne prends plus la peine de baisser les yeux vers les bûches surgelées des supermarchés. Je ne mange quasiment plus de pain parce que j'ai peur des carbohydrates, de perdre mes cheveux et d'aller en enfer et de ne pas pouvoir porter de débardeurs au printemps. Je ne publie plus de recettes parce que j'écris un livre à la place, et parce que je ne fais pas ça pour gagner de l'argent ou pour être célèbre ou pour être aimé ou pour avoir l'impression d'exister ou d'avoir des amis et des contacts et des invitations ou de ne pas rester chez moi toute la journée ou simplement parce que pourquoi pas.
(...)
Mais peu importe, parce que je continue à lire et à apprécier terriblement des blogs comme, tenez, Mercotte, les Agapes, le Pétrin, la Tartine Gourmande, 1001 recettes, Cuisine Campagne, et d'autres (hin hin hin)... Pourquoi ceux-là? Parce qu'il y a autre chose, parce qu'il y a de l'authentique ou de l'actuel, de la tendance ou du retour, de la qualité ou de la passion éclairée. Je ne me sens plus capable, ou plus intéressé, de fournir un contenu intéressant en ce qui me concerne.
TANT PIS POUR MOI, Le loup n'y était pas.
La cuisine est un peu une sorte de piège, hein. C'est pourquoi à l'image des alcooliques anonymes je vais lancer les blogeurs anonymes. Le refuge de ceux qui ont réussi à arrêter, parce que comme vous le savez en France, depuis le premier janvier, il est interdit de bloguer même dans les bars et les discothèques. C'est les américains qui vendent des patchs qui vont être contents. avec ça, ils pourraient au moins faire baisser le prix des Sacs Jack Spade et des Jeans Calvin Klein. En plus de leurs émissions de CO2, je veux dire. Ouais, avec la Chine tant qu'à faire.
ET BONJOUR ME VOILÀ
Tous les titres des paragraphes sont extraits d'une chanson légère apparue à la fin des bien-nommées "chansons d'amour", je vous parle du film, qui m'est inconnue et dont je n'ai pas besoin des références, merci. J'ai décidé d'être l'équivalent arrogant du bobo urbain lassé, parisien et dédaigneux, vous avez remarqué, je ne suis pas encore au point mais ne vous y trompez pas, chaque jour est un pas de plus vers un coeur de glace (je parle de sexe). Je ne suis plus le rythme. Et la chanson c'est Barbara, ça ne m'étonne pas.
Ah oui, POUR TOI.
Ben oui. Je ne vais quand même pas me donner tout ce mal rien que pour moi (je parle d'amour... wow).
Qu'est-ce qu'on mange le 01 janvier 2008 ?
Bananas do not split

Et c'est tout.
Qu'est-ce qu'on mange le 03 septembre 2007 ?
New York, Just keep the diamonds in my hair
New York, chapitre 2. On va partir dans tous les sens en même temps. Commençons sans plus attendre par aborder le Cheesecake New Yorkais. Qu'est-ce que c'est au juste, me direz-vous, les mains moites d'angoisse? Traditionnellement nature ou juste agrémenté d'un rien de citron ou d'orange, cette combinaison cuite de sucre, cream cheese et oeufs se décline en de nombreuses variantes et repose sur un écrasé de biscuits. Un cheesecake quoi. J'ai donc testé un pot de Cream Cheese en y trempant des morceaux de papaye séchée, le Mango cheesecake du café Lalo, le Soho Cheesecake et le Strawberry Cheesecake de Dean & Deluca, le cheesecake Original de Juniors, et enfin le Gâteau des neiges (ou White cheesecake) de Lady M. Mais ci-dessus, le sommet de l'Empire State Building n'a rien d'un cheesecake.
Vous voulez le chapitre 1? Aujourd'hui, on voyage en musique.
WARNING
Attention, ce message comme le précédent ne prétend pas à une analyse de la société américaine ou New Yorkaise, ni à une généralisation simpliste des pratiques. Il relate une expérience personnelle qui peut donner des points de référence à d'éventuels futurs voyageurs. Au mieux, il peut vous fournir des photos à imprimer et à placer dans des cadres IKEA à 2 balles.
En parlant de photos, par exemple, lorsque vous arrivez au 80th étage de l'Empire State vous faites une file infernale qui vous oblige à passer devant un tapis vert pour prendre une photo de vous, derrière laquelle un ordinateur recollera le paysage de la ville vue de haut (en déplaçant l'appareil photo de 50cm vers la gauche, la vue par la fenêtre était absolument identique et authentique). L'Empire est vraiment un piège à touristes, préférez le Rockefeller.
J'avoue que l'Empire était compris dans le City Pass, et comme ça au moins j'en ai visité un de jour, l'autre de nuit. J'aurais pu faire un tour en hélicoptère, certes, mais est-ce que ça vaut vraiment la peine de faire la file une heure dans un hangar pourri? J'ai fait semblant de réfléchir et d'estimer la valeur financière que j'aurais accordée à une heure passée à New York depuis mon lit un lundi matin, chez moi, et j'ai réalisé que je l'aurais bien payée la valeur d'un trajet en hélicoptère. Aussitôt dit, aussitôt fait et je suis retourné sur la 5th avenue. Vous avez remarqué que je ne dis jamais 5e avenue, c'est une marque de respect. Donc je suis allé chez Redken pour m'acheter de la Rough Paste parce que je n'en avais plus.
CHEESEMEG RYAN
"Vous avez un message" est l'un de ces films niais que je peux regarder en boucle. J'ai déjà envie de pleurer au début du générique, et je n'en rate jamais une miette. Ecoutez "Dreams" des Cranberries, je l'ai mis au début du message. C'est le New York idéal. Or donc, un soir que Tom Hanks rencontre Meg Ryan dans un joli café où elle attend l'amour, ce soir-là nous sommes eux et moi au Café Lalo au 201W 83rd St, près d'Amsterdam Ave, dans l'Upper West Side, et donc près du Muséum d'Histoire Naturelle, mais pour l'instant c'est plutôt insignifiant. J'y ai pris une slice de mango cheesecake et un bon vieux Darjeeling à la théière, tout en observant le décor savamment désuet. La croûte était désespérément inconsistante mais très bonne, l'ensemble bien dense et parfumé, très sucré. Un vrai goût de Cream Cheese, c'est évident. Ceci me rappelle que quand je fais un cheesecake, j'utilise surtout du fromage blanc. C'est très différent et plus acide, parce que je suis sauerphile (de l'allemand "sauer"). Je trouve exactement le même Philadelphia Cream Cheese chez moi de toutes façons, je le snobe et il est 5 fois plus calorique.
Au passage, vous admirerez évidemment le Rose Center for Earth and Space auquel vous avez également accès avec le CityPass de 65$, l'instrument indispensable du touriste cultivé mais un peu fauché. C'est vraiment très bien fait et très clair, pour les enfants et leurs parents, on sent la recherche pédagogique et comme c'est à côté de Central Park, vous y allez après avoir pique-niqué, les fesses encore humides depuis leur séjour sur l'herbe fraîche. C'est tellement bien fait que la température à l'intérieur du musée est plus ou moins équivalente à la température moyenne du cosmos, c'est-à-dire très peu de degrés quels qu'ils soient.
Toutefois, quand on n'est pas particulièrement fan des indiens empaillés dans de grands paysages épiques, peints et d'ailleurs un peu défraîchis, il peut arriver que l'on s'ennuie à un moment ou à un autre ou que l'on ait un petit peu mal aux pieds et que l'on ait envie de s'asseoir, dans le Musée d'Histoire Naturelle. Et puis quand un endroit est tellement organisé, tellement facile à comprendre, c'est bien simple c'est terriblement lassant. On se consolera avec une tranche de séquoia géant, ou l'histoire shématique de l'évolution en vidéo, racontée par Meryl Streep qui comme chacun le sait est une grande spécialiste de la paléontologie. Et puis ces indiens, j'ai comme l'impression d'avoir vu les mêmes dans le Village l'autre soir, et ils servaient des Mojitos. Je suppose qu'il suffit de leur poser la question de savoir si on ne les a pas déjà vu quelque part (dans le Marais, par exemple). Je m'amuse déjà un peu plus.
Sincèrement, il y a des galeries vraiment grandioses. Ne me dites même pas que mes propos n'ont pas trait à la nourriture, nous sommes en pleine expédition touristique. Bande d'oesophages ambulants, vous devez être pénibles pour votre famille en vacances. Heureusement, le musée a pensé à vous comme à vos semblables et a installé en son sous-sol un grand food court éclairé au néon bactéricide où tout est gras et cher. Notez que je m'en suis sorti avec une pomme et une brique d'organic non-fat milk pour 6$, mais peu importe car rien ne vaut le plaisir de s'asseoir sur une vieille banquette pleine de moutarde. Et je suis sûr que le food-court fait également abri anti-atomique à ses heures. En dehors de ça, le musée est sublime et comme la plupart des musées, il ferme juste quand vous venez d'arriver.
CENTRAL PARK
Bigre, c'est immense, hein, ça vous la coupe. C'est où y'a pas de lumière, en gros, et c'est tout un symbole. En tout cas pour moi c'était le lieu le plus dangereux du monde, un vrai coupe-gorge à la tombée de la nuit, allez savoir pourquoi. C'est ce qu'on nous raconte et c'est ce qu'on lit, et ce n'est pas obligatoirement vrai. Je vous assure que ma gorge est entière, que je porte encore tous mes vêtements, même des chemises, et que je vais très bien. En fait j'avais surtout peur de me perdre ou de tourner en rond, de me tordre le pied dans un piège à ours et de me faire dévorer par un loup échappé du zoo, ou par un velociraptor. Central park la nuit, c'est plein de gens qui se font peur les uns les autres mais qui, bon, il est vrai, n'y viennent pas spécialement cueillir la mirabelle.
Sinon la journée c'est bien aussi évidemment, c'est d'ailleurs plus rassurant et plein de nourrices agitées qui promènent des bébés blonds dans la dernière poussette MacLaren, de citadins venus bronzer quelques instants, prendre un peu de recul, faire du sport, courir, montrer leur nouvel iPod, tuer des piétons à coups de dérailleur, faire du taekwondo, des caricatures. Et moi qui y suis allé pour manger. Sachez toutefois qu'une vue comme celle-ci n'est pas forcément votre lot: il y a de vrais bois avec des chemins tordus où vous perdriez votre chien en 2 minutes, et où vous ne percevez rien de la ville, des lacs avec des barques, des poubelles, des faux rochers, des campeurs et des gens qui croient que l'air est pur. A Manhattan.
La fontaine de Bethesda est un autre symbole, maudits soyez-vous si vous n'avez pas encore vu "Angels in America". Comme je suppose que vous ne l'avez pas vu et puisque vous êtes maudits, sachez qu'il s'agit d'un téléfilm à 5 Golden Globes où l'on retrouve notre paléontologue préférée Meryl Streep et puis Al Pacino, Emma Thompson, Jeffrey Wright, Mary-Louise Parker qu'on voit partout, et les autres. Louez-le et regardez le en VO, j'insiste. Enfin, ça dure au moins 8 heures, c'est vrai. Prévoyez du popcorn microwavable. Cliquez impérativement ici pour la bande annonce et ici pour le générique, vous ne le regretterez pas.
MY NAME IS M, LADY M.
Mais il faut bien y manger, et je n'avais pas l'intention de me refaire une expérience de barre hyperprotéinée. Cette fois, je me suis projeté à l'opposé du café Lalo, dans l'Upper East Side, et suis arrivé chez Lady M, Cake boutique, selon les recommandations de Laurent. C'est une boutique toute blanche, ultra chic, comptoir minimaliste blanc et transparent, brillant, où reposent quelques gâteaux sur des plateaux à pied, que les élégantes clientes parcourent sereinement avec la démarche de Mariah Carey. Elles ne marchent pas en fait, je crois qu'elles flottent légèrement au dessus de la surface du sol. Je vous ai dit à quel point c'était chic? On n'en voit que le banc, les photos étaient interdites. Oh boy.
C'est une sorte de Pierre Hermé en version féminine, et sans la foule. Habillé de mes plus beaux vêtements, de boutons de manchettes et de mes souliers vernis, j'ai donc poliment demandé une slice de cheesecake ("gâteau des neiges" en français dans le texte, photo ci-dessus) et tant qu'à faire, une slice de ce "gâteau mille-crêpes", prononcés à la française, ce qui a tout de suite mis la serveuse dans ma poche mais m'a tout de même contraint à les payer environ 22$. Le gâteau entier coûtait 65$. Peu importe, l'amour de la science amène à faire des sacrifices de ce genre. Tant qu'à faire j'ai également constaté que dans la mesure où les deux tiers environ de la population possédait une paire de ces bonnes vieilles Converse, je ne passais pas pour un touriste et les gens me demandaient toutes sortes d'informations fantaisistes. Je crois qu'il y en a qui abusent du Jamba Juice.
Le mille-crêpes était sublime, entre ses couches de "light cream", on aurait juré qu'il y avait plutôt du mascarpone mais ce n'est pas bien grave. Il faut dire que la serveuse, visiblement fidèle cliente chez Saks et Bloomingdales, et qui maintenant que j'y pense avait le même regard plein de chaleur et d'affection que Cécila Sarkozy, a mis 7 minutes interminables à découper un triangle parfaitement isocèle. Le dessus était caramélisé comme une crème brûlée, les crêpes étaient délicieuses, cependant l'ensemble reste relativement compliqué à manger. D'autant que l'ai mangé sur place, avec un thé pour ne pas changer. J'avais mis une chemise.
Le cheesecake quant à lui était également délicieux, et je l'ai mangé dans Central Park ainsi que je l'avais prévu. Sauf que chez Lady M, quand on emporte une slice, ce n'est pas pour la manger à la sauvette comme un camp-volant. Je suppose qu'on la prend sur place, ou alors chez soi avec l'argenterie. Or donc, j'ai mangé ma slice avec une demi-carte postale pliée en 3. Voyez-vous, si vous arrivez à prendre une attitude parfaitement naturelle, personne ne remarque rien. Je regrette toutefois d'avoir laissé ma Spork dans mon autre sac à l'hôtel. C'est diablement efficace figurez-vous (voilà ce qui arrive quand on met ses enfants chez les scouts). Le contraste entre la banalité de la carte et l'élégance du gâteau n'enlevait rien au charme de la dégustation, mais j'ai tout de même vérifié que l'encre ne s'en allait pas sur les contours de ma bouche.
UNE POMME PAR JOUR
Quand vous en avez assez de voir repasser les mêmes joggeurs euphoriques, au coin Sud-Est de Central Park se trouve le scintillant Apple Store. Situé sur la très chic 5th Avenue, c'est un magasin high tech où vous pouvez accéder à internet sur un iBook, en jouant des coudes, ou sur un iPhone. Un grand escalier de verre vous emmène dans un vaste sous-sol où le Genius Corner vous aide à résoudre vos problèmes et où vous essayez des centaines d'appareils dans une ambiance de foire agricole. C'est plein de jeunes vendeurs dynamiques et amusants. Et puis il n'y a rien à dire, l'iPhone est très en vogue et tout le monde en veut. Question de design. Tant qu'à faire, je suis retourné à l'Urban center où j'ai acheté "The laws of Simplicity" de John Maeda, un livre nécessaire.
REALLY REALLY COOL
Un autre jour que j'étais en goguette du côté de Central Park, je me suis à nouveau trouvé affamé, c'est régulier, et réduit à trouver mon alimentation dans le paysage hostile de l'Upper East Side. J'ai tout de même très facilement trouvé le "Really cool foods" sur la 63rd et 3rd Avenue, où les produits sont vraiment intéressants pour les gens comme moi. Pour une fois, une épicerie proposait d'autres marques, d'autres produits, et il y avait même quelques dégustations mais je n'accepte jamais ce genre de propositions, la plupart du temps je n'aime pas mentir.
Je me suis contenté de prendre une barquette de sushis avocat et thon au riz complet, et un muffin de chez "Sensible Edibles", c'est-à-dire un muffin wheat-free vegan pear granola. Les muffins sont complexes par ici. J'aurais aussi pu le prendre sugar-free mais alors il était très gras, ou low-fat mais il était alors très sucré. Le Wheat-free, au moins, est aussi gras que sucré, et c'est beaucoup. Il faudra d'ailleurs qu'on m'explique pourquoi les maki en barquette sont la plupart du temps des california rolls, enfin des rouleaux avec l'algue dedans et pas dehors. Je préfère les maki normaux, comme ils les font chez Dean & Deluca. Comme par hasard.
METROPOLITAN LOUVRE
Après quoi il suffit de se rendre au Met qui fait tout un foin avec ses nouvelles galleries gréco-romaines. Ils ont en effet un fort joli char étrusque, et de grandes galleries bien éclairées et thématisées. C'est-à-dire qu'ils recréent une voûte en berceau à caissons, qu'ils mettent des fontaines et de grands carrelages, et qu'on peut prendre des photos sans flash. L'avantage qu'ont les Européens, c'est qu'ils peuvent aller plus souvent à Rome qu'au Met, et ils ne voient jamais un décor aussi parfaitement reconstitué. Même au Louvre.
Pour l'art médiéval, on vous fait une sombre ambiance de cathédrale pleine de spots pour faire peur aux enfants qui ne sont pas sages, où le portail de Vailladolid que l'on devine ici à gauche est une de ces pièces que l'on n'oublie pas. Oui je sais, je suis encore en digression non-alimentaire, ça risque d'arriver souvent. La section égyptienne n'est pas mal non plus dans le genre "contextualisation". Les pauvres visiteurs doivent être déçus en arrivant en Egypte, sur les vrais sites historiques, de ne pas trouver de momies jaillissant de leurs sarcophages pour leur arracher les veines. C'est encore le même problème qu'au Museum d'histoire Naturelle: c'est trop bien fait. La perfection est prévisible et terriblement ennuyeuse.
La section la plus intéressante pour nous autres venant de loin est encore la section de l'art moderne traditionnel américain, relativement absent de nos musées. Et puis en guise de ticket, le Met vous donne une sorte de pin's rose que vous pouvez garder et qui est ravissant. Rien que pour ça vous pouvez y aller les yeux fermés. C'est vraiment un très beau musée, mais vous n'attendiez pas mon avis pour avoir envie d'y aller.
ELLE C'EST PEGGY
Voilà. C'est l'un des bâtiments phares de mon séjour. Le Guggenheim de New York est un peu comme la Mecque des architectes, il était donc évident qu'il soit en rénovation au moment de mon arrivée. Mais justement, on nous en parle tellement de ce musée que quand on arrive on ne remarque même pas les échafaudages, on voit à travers. Enfin non, parce que le jour où on décide d'y aller, bien entendu, c'est le jour de fermeture hebdomadaire.
Quelques rires nerveux plus tard et après un interminable trajet en bus, il suffit de revenir un autre jour. Il paraît que le musée éclipse les collections et c'est vrai, mais il n'empêche pas de les regarder. On retrouve encore du Sarah Morris, Carlos Garaicoa, Yuken Teruya et beaucoup plus de contemporain que je ne l'aurais cru. C'est très agréable en dépît de la surcharge de poids que vous confère votre audio-guide gratuit et surtout inutile. Un musée quasiment parfait, sans rire. Les oeuvres sont les oeuvres. Pour l'extérieur, un jour, je reviendrai et alors je pense qu'un obus iranien aura anéanti la spirale.
GO WEST
Définitivement. Ils avaient raison. L'ouest est chargé de ces petits plaisirs de la vie qui font l'agitation urbaine en général. On va retrouver Zabar's, Fairway, H&H Bagels, le Lincoln Center, Columbia, tout ça quoi. Il suffit de Franchir Central Park en prenant la voie qui traverse, et en se demandant quand on arrivera enfin au bout de ce chemin infernal plein de voitures qui roulent beaucoup trop vite que pour vous éviter si jamais vous trébuchez sur une grenouille. Soyez-en sûrs, cela ne manquera pas d'arriver. Vos restes seront mangés par les écureuils qu'il est pourtant interdit de nourrir.
Je ne vais pas vous faire un cours sur Zabar's, d'autant qu'on va me jeter des tessons de bouteille de Snapple mais je n'y ai rien acheté. C'est intéressant certes, mais au quotidien je ne consomme pas grand-chose de ce qu'ils vendent. Moi, les soirées caviar et saumon fumé ça ne me réussit pas très fort. Je suis un grand consommateur de primeurs. Et si leur mezzanine est effectivement bien achalandée en matériel de cuisine, il n'y a rien d'irremplaçable ou de particulièrement bon marché. En plus j'ai marché dans de la sciure de fromage ou je ne sais pas quoi mais ça m'a poursuivi pendant plusieurs heures. Enfin, pour le fun, on peut toujours y aller. Pour les New Yorkais c'est sans doute une adresse utile.
JUST A SINGLE BAGEL
On peut surtout aller chez Zabar's parce qu'à côté il y a les bagels de chez H&H, qui sont absolument délicieux. Mais ce n'est que mon avis. J'ai goûté un whole wheat, un plain et un je-ne-sais-pas-quoi qui semblait contenir de la menthe et de l'anis, ça n'est pas sur le menu. Il paraît qu'ils livrent Worldwide, même en Belgique. Je devrais essayer, après tout au lieu de les faire moi-même, qu'est-ce que 60$ investis dans une boîte de bagels transatlantiques. A part ça, ils ne semblaient pas proposer de garniture dans ce magasin de Broadway, et les bagels étaient vendus si je me souviens bien environ 1,25$ la pièce. Je me souviens bien parce que je l'ai noté.
Toutefois, leurs boutiques auraient besoin d'un petit plus au niveau de la décoration, comme vous le voyez c'est un tantinet spartiate pour ne pas dire vide, même si c'est flou ne faites pas les difficiles on le voit bien. Oh, sinon, une nuit alors que je traînais du côté du Winter garden dans le World Financial Center (où vous pouvez admirer une expo des maquettes de l'évolution du projet du WTC, qui montre à quel point un bon projet peut se faire démonter et devenir un bric-à-brac abominable en quelques années. A part la très banale tour principale et la gare de Calatrava, le reste est encore brouillon) je suis allé chez Pick-a-bagel où j'ai commandé un sesame-bagel with cream cheese and Nova Scotia Salmon. Ce ne sont peut-être pas les meilleurs bagels de la ville mais quoi qu'il en soit c'était vraiment délicieux. Je l'ai mangé sur un banc le long de l'eau, exposé aux lumières du New Jersey voisin, au son des joggeurs haletant.
FAIRWAY, A BETTER WAY

En descendant encore Broadway, toujours plus bas après les bagels, on sera passé devant une foule de choses intéressantes mais Fairway sort véritablement du lot. On le voit arriver avec ses étals débordant sur le trottoirs, ses pommes, poires, prunes, figues, fraises... On entre et là on découvre ce que l'amérique peut faire de mieux quand elle voit les choses en grand.

Les rayons sont très grands et bien fournis. Ils sont même très bien rangés si vous voulez mon avis, c'est relativement agréable de faire ses courses ici si ce n'est que certains rayons s'avèrent étroits. Niveau prix, j'ai du mal à me rendre compte de ce que ça représente mais au vu de la population bigarrée qui y déambule, ce ne doit pas être trop dangereux pour la santé de votre carte de crédit. On y trouve de tout.
Il faut évidemment que vous agrandissiez la photo pour lire leur description du Kone-tay. C'est assez distrayant que pour vous retenir au rayon des fromages pendant quelques minutes et vous faire bousculer quinze fois. A ce propos, encore une fois je ne suis pas habitué aux dollars, mais les fromages français et autres ne me semblaient pas tellement plus chers que chez nous. Par contre, impossible de trouver des yaourts un peu convenables, même si Dannon et ses Activia a débarqué, le tout reste plutôt sucré voire très calorique, même en non-fat. Mystère. C'est comme ça partout.
Sinon, comme dans la plupart des supermarchés que j'ai eu l'occasion de parcourir (K-mart, Duane Reade, The Food Emporium, Dean & Deluca, Fairway, Trader's Joe à Union Square, Zabar's, Gourmet Garage à Chelsea, Whole Foods, et en général l'ensemble des gourmet groceries et gros Delis etc.), j'ai trouvé de larges assortiments de sauces diverses, à la tomate ou non, le coin des repas tout prêts à être mangés qui dépasse de loin ce qu'on trouve par chez nous, un traditionnel coin muffin-cookies, souvent quelques bagels, des fruits et légumes bio qui n'ont pas la sâle tête qu'on leur connaît ici et un très large choix de boissons. Mais ce n'est pas franchement différent de chez nous, faut pas croire. Sauf que le système de file aux caisses du Whole Foods semble efficace. Et que le personnel est là pour vous aider et emballer vos courses, parfois.
LES EPICERIES DE QUARTIER
Tout New York est parsemé d'adresses originales où faire ses courses à des prix plus ou moins normaux. Ici, on aperçoit le Butterfield Market sur Lexington Ave entre la 78th et 79th rue, dans l'Upper East Side donc. On y trouve un peu de tout et un peu toujours la même chose que partout. Il semble nécessaire de proposer des fromages de qualité, et toujours autant de prêt-à-manger, des fruits et légumes, etc.
J'y ai pris en passant un low-fat bran chocolate muffin, parce qu'après avoir discuté avec le vendeur je me serais senti coupable de ne rien acheter. Pas mauvais mais pas très facile à manger non plus, ce qui me rappelle pourquoi je ne suis pas le plus grand amateur de muffins du monde. Les muffins font des miettes. Or donc à part les épiceries on trouve un tas de salons de massage chinois pour le dos et les pieds, des boulangeries "au bon pain" que je ne vous conseille franchement pas et qui doivent sûrement fournir leurs croissants aux compagnies aériennes, des galeries d'art, des manucures à tous les coins de rue.
Il y a un tas de bonnes adresses de ce genre. Entre autres je suis aussi allé chez Todaro Brothers, plus bas sur la 2nd Avenue entre la 30th et 31st rue. Ils sont plus spécialisés en produits italiens. Pour les produits italiens justement, on en trouvera d'excellents au Chelsea Market chez Buonitalia, et surtout pas dans Little Italy. Enfin peut-être par-ci par-là mais le voyage n'en vaudra pas la peine, c'est le piège à touristes par excellence. Il y en a plein des endroits comme ça.
QUEL NUL, CE TOURISTE
N'allez pas croire que j'ai passé ma vie à Manhattan. J'ai filé dans le Queens puis à Long Island City pour le PS1, Centre d'art contemporain, et je suis allé à Brooklyn. Et bien entendu, j'ai décidé d'aller à la Statue de la Liberté parce que je suis un touriste, même déguisé en civil. Je me suis donc rendu comme prévu à l'embarcadère et j'ai aperçu le nouveau point d'embarquement pour le Ferry de Staten Island. Cool. Allons-y franchement, j'attends mon ferry, les touristes se jettent à l'intérieur parce que c'est gratuit, ils se ruent sur la promenade extérieure et y restent debout. Je me suis assis à la galerie du dessous, tout aussi extérieure, et j'ai attendu. On s'est progressivement approché de la Statue avant de bifurquer, de s'en éloigner et finalement de s'arrêter à Staten Island. Notez bien que c'était prévisible.
Ce doit être le destin, et tel Indiana Jones ou plutôt Robinson je me suis lancé à la conquête de l'île. Staten Island est un joli morceau de terre qui a la particularité rare de sembler entièrement anesthésié. Vous passez votre temps à vous demander si vous allez rencontrer quelqu'un de vivant ou au moins un zombie, mais ça n'arrive jamais. Et comme il n'y avait rien de sensationnel à faire ou à voir et que je craignais de m'endormir sur place où on ne me retrouverait plus jamais, j'ai repris le ferry vers Manhattan. Je déchiffrai alors à nouveau les signes du destin: la Statue de la Liberté, c'est vraiment un truc pour les touristes. Où est ma Vitamin Water?
METTEZ-LES DANS UN FERRY
Continuons. Comment encore se débarrasser de ces touristes qui encombrent Manhattan, portent des couleurs vives (selon Bill Bryson) et marchent lentement? Une grande partie de ceux qu'on envoie gratuitement à Staten Island finissent toujours par revenir d'une manière ou d'une autre. Il a pourtant fallu trouver un moyen de ne pas étouffer sous l'afflux de visiteurs, notamment dans le Financial District à Downtown. Alors Dieu qui ne voulait pas arracher une autre côte à Adam décida de réhabiliter un dock et d'en faire South Street Seaport, un gros centre commercial pour touristes dans une ambiance aussi synthétique qu'Eurodisney. Avec des vendeurs de hot dogs et même des spectacles de rue. Un peu comme Times Square, tout ça est bien joli mais c'est nul. Chelsea Piers, ça c'était un meilleur choix.
I KNOW WHAT YOU DID LAST SUMMER
Me métroportant vers le Nord, j'avais très envie de voir l'université de Columbia, et c'était vraiment intéressant. En passant, j'ai pris le mauvais métro et me suis retrouvé à l'autre bout de Harlem, à l'Est, mais au moins j'ai visité le quartier. Non, Harlem c'est plus comme ça, c'est comme le Bronx, c'est sûr. En tout cas si on le pense très fort, ça marche à peu près. On dirait qu'il fait gris, hein, mais pas du tout. Comme chaque jour, il fait simplement étouffant. Quant à l'Université, c'était un grand jour et les parents amenaient leurs enfants, leur frigo, leurs affaires qui devaient rassembler 40 millions de dollars.
C'est tout une industrie, vous sentez que vous entrez dans quelque chose de grand et de réconfortant, un système qui est capable de fabriquer des dizaines de Prix Nobel. Il y a de vraies associations d'étudiants, les sociétés secrètes et moins secrètes, les clubs de sport, et un campus digne des meilleurs films d'horreur comme Scream, Souviens-toi l'été dernier et les autres. En sortant de là avec mes prospectus et mon dossier de quasi-bienvenue (je fais bien semblant), j'avais presque envie d'y aller. Toutefois j'étais en retard et il fallait que j'aille à Brooklyn.
40 JOURS POUR MOURIR
Le pont de Brooklyn est une merveille architecturale qui vaut la peine de le franchir à pied, d'autant que les guides vous le recommandent chaudement. De l'autre côté, on vous promet une terre joyeuse et détendue où les enfants courent nus dans les caniveaux, un oasis de vie nocturne folle et débridée, des appartements moins chers, la meilleure pizza de la ville et des cheesecakes à se damner. Vous avouerez que c'est tentant. Et en effet, je vous le concède, le franchissement du pont est une expérience unique en son genre.
Jamais vous n'auriez autrement envisagé de parcourir une si longue distance en plein soleil alors que d'habitude vous vous climatisez dans les librairies, ce qui rend la traversée presque aussi distrayante qu'un pélerinage dans le désert de Gobi. De sombres individus moyennement rasés vous proposent des "ice cold water" tous les 50 mètres côté Manhattan, mais vous pouvez bien fondre sur place quand vous arrivez côté Brooklyn, surtout si vous décidez de ne pas prendre les escaliers à gauche près de la Watchtower des Jéhovas, et de continuer votre route entre 2 voies automobiles infranchissables, toujours au soleil. Inutile de préciser que vous n'arrivez pas frais comme une rose au petit matin, mais en contrepartie les vues sur Manhattan sont fabuleuses.
AMERICAN FLURRY
Dans la rue quand jadis j'étais encore à Manhattan, j'avais entendu une femme au téléphone dire "Why is he asking me for one dollar? I live in Brooklyn". Ceci annonçant déjà ce qu'on pourrait éventuellement y trouver, je me suis rué dans un McDonalds afin de transcender l'essence du fast food. Je ne me suis pas rendu dans un Mcdo, Wendy's, Burger King ou autre durant mon séjour. C'est sâle et puis c'est pour les pauvres et pour les touristes, à ce qu'on dit, et ça a l'air vrai. Comme il n'y avait pas de touristes ici, j'en ai déduit qu'il ne devait y avoir que de la crasse et des pauvres et j'ai pris un McFlurry aux miettes d'Oreos. Après cette expérience d'immersion sociologique, je suis reparti sur Flatbush avenue où un vieillard m'a demandé de hurler dans son téléphone bluetooth pour dire à sa femme que tout était possible, ce que j'ai tenté de faire à plusieurs reprises. Sur quoi j'ai levé tous les bras dont je disposais et j'ai sauté dans un taxi qui m'a ramené à Manhattan.
POUR QUI ME PRENEZ-VOUS?
Vous aurez remarqué que je n'avais alors pas vu la trace d'une pizza ni humé l'odeur d'un cheesecake, ou inversement. J'avais aussi bypassé Brooklyn heights qui promettait monts et merveilles à ses marcheurs. Je suis retourné à Brooklyn, un soir où je devais avoir moi aussi bu trop de café, je me suis arrêté sur la-dite promenade de Brooklyn heights et c'était particulièrement beau comme vous pouvez le constater par vous-même. C'était tellement beau que je me suis fait aborder par un jeune homme qui tenait absolument à savoir si j'allais à SVA, mais comme sur le coup tout ce que SVA éveillait en moi était une vague allusion au service après-vente des magasins d'électronique nous avons dû changer de sujet. Après tout, l'important n'était pas de savoir si j'allais à SVA mais plutôt de trouver quelque chose à dire pour amorcer la conversation. J'appris plus tard que SVA était la school of visual arts et je fus flatté, je m'y serais bien vu finalement. Je décidai finalement de revenir rapidement une troisième fois à Brooklyn, juste histoire de prendre un cheesecake chez Juniors. Etant un des seuls clients face à une horde de skaters déchaînés, je n'ai pas pris de photos. Un des meilleurs cheesecakes si vous souhaitez avoir mon avis, mais il n'avait pour croûte qu'une génoise (what a pity).
D-SQUARES
Les parcs urbains me fascinent toujours. Je vis dans la campagne, en général, mais je ne passe jamais autant de temps dans les espaces verts que quand je vis à nouveau en ville. On y trouve des tas de gens qui, d'où qu'ils viennent, se retrouvent assis sur les mêmes bancs, à lire ou à siroter des Jamba Juice à propos desquels ils feraient mieux de se renseigner quant à la valeur énergétique. Je ne reviendrai pas sur Central Park évidemment, tout le monde n'a cependant pas le temps d'y courir à la pause déjeuner. Ici, Bryant park est un endroit plein de charme, d'élégance, sans être huppé pour autant, et qui côtoie tout de même la bibliothèque publique principale.
Union square est un autre lieu de qualité, et c'est aussi parce que régulièrement on y retrouve un farmer's market. Aussi quelques jours par semaine, quelques hommes et femmes négligemment habillés comme des fermiers hippies aux longs cheveux noués viennent vendre leur pain, leur confiture, leurs fruits et légumes de première qualité, histoire qu'on ne les confonde pas avec des New-Yorkais. Peut-être même qu'ils ont les ongles sâles. On y retrouve aussi jusque tard dans la nuit un tas de jeunes qui boivent de la bière dans des bouteilles de coca, mais ne le dites à personne. C'est un lieu vivant.
C'est bien pour ça qu'on retrouve également à Union Square un Whole Foods, qui présente pour lui-même le grand désavantage d'être à l'extérieur du parc, je veux dire de l'autre côté de la voirie. Nous ne sommes pas sur une place italienne où les commerçants des bâtiments entourant la place donnent également sur la place. Ici, les bâtiments donnent "virtuellement" sur la place, mais leur entrée donne sur le trottoir, puis la voirie, l'autre trottoir et enfin la "place", qui est en fait un parc. C'est le cas de nombreuses villes contemporaines, ici l'infranchissabilité de la voirie crée une frontière entre le parc et sa périphérie construite, protégeant le farmer's market qui s'y installe. Ce n'est qu'une théorie qui me vient comme ça mais je suis sûr qu'elle a son petit effet. Whole Foods c'est la ville, le farmer's market c'est le parc.
PARC ET VILLE CONFONDUS

Il arrive que de grands projets se mettent à vouloir fusionner l'espace de parc et l'espace de ville. C'est le cas de la prestigieuse High Line dont tout le monde a plus ou moins vaguement entendu parler. Dans les livres, on y voit un vieux morceau de ligne aérienne reconverti en promenade plantée et on se dit que c'est définitivement un petit projet sympa.
LA HIGH LINE

Ici la low-line, le métro souterrain normal
Sauf qu'en fait la High Line est très longue et qu'en me promenant 5 minutes, j'étais déjà tombé par hasard sur un projet de Diller & Scofidio, un immeuble de Gehry pour IAC et je feignais d'être intéressé par une hôtesse de real estate qui me vantait les nombreuses qualités du nouvel immeuble de Jean Nouvel, lui aussi. Sur la photo plus haut, il semble que l'on aperçoive le chantier du nouveau Standard hotel, une chaîne qui ne fait pas dans la dentelle. Se promener le long de la high Line, c'est un peu comme ranger son grenier.
A ce propos, on trouve pas mal d'informations dans un article de plusieurs pages du magazine New York. En gros, la High Line, c'est un peu là que l'on pourrait vous souhaiter de vivre en ce moment parce que votre appartement va prendre dix fois plus de valeur. Oh, bien sûr, si vous n'étiez pas encore au courant, c'est juste à l'ouest de Chelsea, jusqu'au Meatpacking District que j'ai mentionné hier, qui est le quartier über-branché. De quoi rivaliser avec le Lower East Side, l'East Village et Brooklyn, d'autant qu'ici on garde surtout un côté "industrial chic" et très arty, définitivement design. Je vous dis ça, je n'étais là que 10 jours. Tout ça va profondément changer l'ensemble du quartier.
MON BUT DANS LA VILLE
On fait quand même de belles photos depuis l'Empire State, surtout en 7MPixels. Armé de mon Zagat, qui finalement n'est pas le plus lourd des guides, j'ai parcouru frénétiquement la rubrique "cookware & baking supplies" à la recherche de paper baking cups. Des caissettes quoi. Je sais que je peux en trouver sur internet mais je n'y achète jamais rien, c'est un principe. Et puis je voulais absolument les mêmes que la madame de Cupcake Bakeshop. Comme New York est la ville du cupcake, je me suis dit que ça devait être facile, mais non. Le seul, et je dis bien le seul endroit où j'en ai trouvé est cette boutique à 4 pas de mon hôtel (2 ou 3 rues et une avenue quoi...). Retenez cette adresse car elle est formidable.
NYcake, c'est Dehillerin, Detou, Mora et tous les sites d'achat de produits de cuisine rassemblés en un seul lieu. C'est aussi un des seuls endroits où ils ne vendent pas seulement des blocs de Callebaut (visiblement très populaires) en noir, blanc ou lait, mais aussi du valrhona et d'autres marques, le tout en gros blocs. Des callets de toutes les couleurs, des sucres, farines de toutes origines, des moules et emporte-pièces de toutes les formes, et énormément de colorants (toute la palette des couleurs), en poudre, gel, liquides, en paillettes (plus de 100 couleurs), en vaporisateurs, dorés ou argentés, des arômes de fous, une montagne de texturants et adjuvants, du vrai matériel de professionnel, et tout ça sur un seul étage ce qui est très pratique en plus d'être impressionnant. Le personnel semble légèrement étrange mais très sympathique, un peu comme chez Detou quoi. Fi de toutes les autres boutiques, c'est celle-ci ma préférée.
AH NON EN FAIT, J'OUBLIAIS
Mon but principal, en fait, c'était de m'amuser parce que je suis un peu comme ça finalement. Aussi avec 2 gentilshommes motivés, nous avons décidé d'aller boire un verre. Boire un verre à New York ne se fait pas au hasard, on a besoin de sa carte d'identité parce qu'on va forcément boire de l'alcool, personne ne s'assied en terrasse pour prendre un café. Par chance Blogueuse 1 et Blogueuse 2 m'avaient toutes deux sans le savoir renseignées le bien-nommé 230 Fifth, au 230 fifth avenue. On voit la terrasse plantée sur la photo depuis l'Empire State, je vous laisse imaginer la vue sur l'immeuble éclairé la nuit et sur le reste de la ville. L'intérieur lounge est très sympa aussi.
Sortir à New York vous donne un peu l'impression d'être suspecté de meurtre et puis de faire partie d'une secte. Evidemment, il y avait une pancarte indiquant la liste des vêtements et accessoires désirés, un type vient vous scanner des yeux pour vérifier la bonne application du dress-code, puis un autre vérifie votre ID, un troisième vous envoie dans l'ascenseur, etc. Le plus amusant dans ce genre d'endroits comme toujours ce sont les toilettes où un bonhomme vous ouvre le robinet, vous tend le savon, rouvre le robinet, vous tend une serviette et vous demande de choisir votre parfum parmi la vingtaine de flacons dont il dispose. Malheureusement il n'avait pas mon Philosykos et j'ai dû me rabattre sur Le Mâle. C'est moche, hein, mais je lui ai quand même donné un pourboire. Et puis évidemment j'ai pris un Cosmopolitan parce que là aussi je suis comme ça, et ça m'a coûté 13$. Ce bar est formidable, mais les gens y vont clairement pour se montrer. Ca ne me pose pas plus de problèmes.
LOVE YOU DEAN, LOVE YOU DELUCA
Je ne vous ai pas encore parlé de ma grande affection pour Dean & Deluca sur Broadway. Autant Zabars est plein de trucs dont je ne saurais que faire si on m'en faisait cadeau, autant Dean & Deluca tout en étant relativement expensive est rempli de tout ce que j'aime. Inutile de parcourir la ville à la recherche du meilleur pain, des meilleurs gâteaux ou cookies et de la dernière tendance en matière de boisson, ils rassemblent tout et vous disent d'où ça vient. Merci. Et surtout, on y mange sur le pouce des préparations absolument délicieuses. Il me semble que je dis tout le temps "absolument délicieux". C'est donc très très bon.
Comme d'habitude, je me nourris de sushis (je suis un peu obsessionnel vis-à-vis des sushis, c'est vrai), d'eau minérale Hint au concombre et tout ceci a l'air particulièrement diététique, il suffit d'ajouter une part de Soho Cheesecake. Ce dernier n'a pas de croûte en fait, mais il est vraiment fondant et très légèrement acidulé, pas écoeurant. Tenez, rien que leur logo est d'une fraîcheur, d'une sobriété intelligente qui vous appelle à la consommation. J'étais pourtant certain que j'allais les snober comme le Lafayette Gourmet et la Grande Epicerie.
A LONDRES C'EST CATS
Quand je suis retourné à Londres il y a quelques années, je suis allé voir Cats, ce n'était pas extraordinaire. Ici, il y a bien Broadway mais ce n'est pas la même chose, il y a Katz, et si c'est effectivement extra-ordinaire ce n'est certainement pas formidable. Tous les guides vous en parlent, on vous promet le meilleur sandwich au Pastrami de la ville dans une ambiance vintage sans trucage. C'est relativement vrai, puisqu'on dirait une grande cantine avec service à table si on le souhaite, ou pas. J'ai commandé au comptoir un sandwich au pastrami, moutarde et voilà.
Ca n'a pas l'air très bon comme ça. Rassurez-vous, une chose est sûre, ça ne l'est pas plus que ça n'en a l'air. A mon avis c'est parce que je n'ai pas fait la guerre et que je ne suis pas juif, mais ce n'est pas trop mon truc. J'ai rarement dans ma vie mangé une viande aussi grasse et suintante, sincèrement c'est abominable. Le pain n'est pas seulement jaune à cause de la photo, en vérité on croirait qu'il a servi à récurer une vieille poêle à crêpes. Si seulement c'était bon, mais non, ça a un goût de gras tiède et en plus c'est difficile à manger. Par contre, merveille, les cornichons étaient succulents. Conservés au sel et légèrement vinaigrés, c'est vraiment agréable. Il faut bien ça, parce que le sandwich vous revient 15$. Alors bon.
En consolation, se promener dans la ville est une expérience au delà de tous les clichés. Le lower East Side où l'on revient toujours malgré soi, est un de ces endroits agréables et un peu bohêmes. Après avoir soigneusement évité Katz, on pourra éventuellement aller jusqu'à Chinatown prendre un dim sum comme tout le monde. Sinon on pourra prendre l'équivalent d'un Jamba Juice chez Surf city squeeze au 36 St Marks Place. C'est une chaîne, mais en matière de smoothie ce n'est pas réellement un problème, et il n'y a rien de tel que de tester de nouvelles chaînes pour savoir de quoi tout le monde parle. Une minute, vous croyez qu'il y a moyen de passer chez Dean & Deluca?
VOUS FAITES PAS DE MEURON
Alors que j'errais tout ébaudi, j'ai été appellé par un reflet vert d'une rare intensité. Guidé par la lumière divine, et puisque j'avais visiblement été touché par la grâce - le vert est une couleur formidable - j'ai modifié mon itinéraire et me suis précipité dans Bond Street pour tomber sur une façade effectivement bien verte que j'ai trouvée, disons, franchement singulière. Et là, je vois que c'est encore un coup d'Herzog & De Meuron dont le site internet est introuvable. Alors que je tentais d'en savoir plus, une promeneuse âgée s'est arrêtée et m'a dit "oh boy... that's ugly". En un sens, je pouvais la comprendre. On pouvait lire "Herzog & De Meuron radically reinvents the cast-iron building", mais on a un peu de mal à deviner l'allusion. L'intérieur a l'air vraiment sympa. Quant à l'extérieur, c'est un bijou un peu clinquant.
MIDNIGHT TAXI
En matière de scintillements divers, la ville de nuit offre de nombreux services et est très sûre. Je l'ai plusieurs fois traversée vers 2 ou 3 heures du matin sans rencontrer de problèmes, et je ne dis pas ça uniquement pour que vous vous demandiez ce que je pouvais bien faire debout à pareille heure. D'ailleurs, il y a toujours des gens un peu partout, mais c'est quand même plus reposant, plus calme, et c'est une autre manière d'aborder la ville. Il fait tellement étouffant dans les stations de métro, de toutes façons, c'est bien plus agréable de marcher. Et même si on m'avait forcé à marcher sur des clous, je ne serais plus rentré dans le métro. Ceci explique pourquoi à la fin de mon séjour j'étais devenu un expert en cab-hailing. Je ne voyageais plus qu'en taxi et en bus. Il me semble que le métro ne va pas partout et jamais là où je veux. Les chauffeurs de taxi qui sont parfois un peu sourds vous amènent éventuellement à la thirteenth street au lieu de la thirtyth, mais avouez que la différence était subtile.
FLORAISON
Il y a quelques semaines, je n'avais qu'une image théorique de New York et maintenant, j'ai une masse de souvenirs. Je suppose que les deux vont se mélanger. Synthétisons un peu ce qui vient d'être écrit, comptons. En deux jours j'ai placé 12000 mots soit 24 pages ou 950 lignes, ce qui signifie peu de choses sinon que je déborde un peu. Il faut écrire tant que la mémoire est fraîche. Je me suis ramené 10 paquets de Jell-O, des chaussures, un sac, un t-shirt, trois livres, j'ai vu Stardust et je vous le recommande. Les spectateurs ont applaudi. La prochaine fois j'irai en Chine ou au Japon.
Qu'est-ce qu'on mange le 01 septembre 2007 ?
New York, like everything that ever burned.

Fichtre, New York n'est pas si loin qu'on pourrait le croire. A peine avez-vous le temps de répondre à d'inhabituelles questions sur la manière dont vous avez fait vos bagages, du genre "votre sèche-cheveux a-t-il été réparé dernièrement?", qu'American Airlines vous emporte à grandes embardées de jus de tomate jusqu'à JFK. Sauf qu'il n'y a pas de sel de céleri pour le jus de tomate, que le beurre est un substitut au soja (0% trans fat) et que le pack de bienvenue contient des Pringles, des raisins enrobés de yaourt, des chocolats et rien en dessous de 560kcal aux 100g, ce qui fait beaucoup.
INTRODUCTION
Vous l'aurez compris, dans ce message, je vais encore me complaire dans la critique gratuite d'une société que nous encourageons en acceptant de payer des sièges miniatures et des hôtesses de 3m de haut, 1m de large, 600g de fond de teint. Tout de même, le sel de céleri. Browsez le message à la recherche des images ou des titres qui vous interpellent, je risque encore d'être long. En vérité il est 4h du matin et le jet-lag n'arrangeant pas les choses, je ne suis absolument pas fatigué.
POOR LONESOME PLANET

Mais commençons par le commencement, voulez-vous. Au début, il n'y avait rien. En cas de voyage à New York, procurez-vous un guide Lonely planet, ils ont franchement la plus belle couverture. Ils sont aussi très bien renseignés ceci dit, très au courant des véritables tendances et pleins de bon sens. Ils ne vous amènent pas à manger avec des clochards parce que ce n'est pas cher, ils ne vous envoient pas non plus au Hilton VIP (parce que c'est tellement plus beau, voyez-vous). Bienheureux ceux qui auront reconnu Le Routard et les guides Wallpaper. Mais le Routard est très bien aussi, et le Wallpaper donc, voyez-vous. Prenez un Lonely planet et lisez les sites des blogueurs francophones New Yorkais, comme par exemple:
- DelicatesseNY
- New York, la Dolce Vita
- Laurent Jourdan in New York
Ces trois-là m'ont donné une liste d'adresses que j'avais constamment sur moi avec ma propre liste d'adresses de bâtiments précisant l'architecte, la date. Je regrette au passage la fermeture de la sublime Fluff Bakery sur la 9th avenue, j'ai eu envie de déposer en pleurant une bougie au pied de son remplaçant, un énième bar style pub irlandais qui vend de la bud light. Ensuite, une fois là-bas, je me suis acheté le Zagat "Gourmet Shopping and Entertainment Guide 2008", ce qui était parfait pour tout blogueur culinaire qui se respecte (et qui de toute évidence ne respectera pas un régime à 1500kcal).
OVERSIZED CULTURE, LESS STARBUCKS IS MORE.
Vous voyez le gentil building (derrière le mobile de Calder) sur la photo ci-dessus, il s'agit du fameux Seagram building conçu vers 1954 par l'ami Mies Van Der Rohe, un allemand exilé au moment des sombres années du Nazisme, qui prétendait que "Less is more". Il ne devait alors pas bien connaître les américains.
Quand vous demandez un cookie, on vous donne un disque de la taille d'une tarte aux poires; les cafés de chez Starbucks sont disponibles en version "tall" (grand), "grande" (grand) et venti (très grand), sauf que tall est moins grand que grande. si vous voulez un petit café, demandez donc un "tall", c'est logique. En ce qui me concerne, n'étant pas fan des Starbucks, j'ai tout de même joué le jeu du consommateur moderne et me suis procuré un Sugar-free hazelnut capuccino grande, en cinq mots une lavasse à haute pression qui goûte la vanille de synthèse. Heureusement, on a le droit de filer à la table des chefs, de retirer le couvercle, d'ajouter du lait (plain, low-fat, non-fat), de la cannelle ou de la noix de muscade, du sucre (blanc, roux, édulcorant), on touille avec un bambou, on prend une paille, une serviette, un coup de genou, c'est formidable, c'est merveilleux, on remet le couvercle et c'est parti pour l'expérience la plus fantastique de toute votre vie: marcher dans la rue avec un café bouillant rempli à ras-bord. Que d'excitation, j'en ai le coeur qui bat.
TEA OR COFFEE?
Ce n'est pas tellement une alternative, et les cafés de chez Starbucks ne sont pas mauvais à condition qu'on ne soit pas tenté d'y ajouter un sirop classique (hypercalorique) ou sugar-free (insipide), du lait moussant, etc. J'ai été transporté d'allégresse en goûtant à ma première gorgée de Chai Tea Latte Tall, sauf qu'à la deuxième gorgée j'étais passablement écoeuré et qu'en définitive j'allais encore prendre 5kg et gaspiller mon capital-diabète. La version iced est moins écoeurante, mais tout aussi riche, je vous le jure, j'ai testé à Athènes. Quand je vous dis que je ne suis pas fan. Or donc, contentez-vous d'aller chez Starbucks afin d'user de leurs toilettes et n'y commandez rien (dirigez-vous naturellement vers la porte du fond, tout le monde le fait, c'est d'ailleurs très sale mais c'est souvent tout ce qu'il y a.
DINERS ET ALTERNATIVES
Pour le café, vous le prendrez dans un Diner comme l'Empire Diner ci-dessus, 10th Avenue et 22nd rue, où il est servi 24h/24 à volonté et à doses homéopathiques, ce qui me convient très bien. J'y ai aussi pris un petit-déjeuner, accessoirement, sous la forme d'un raisin bran with bananas, ce qui ressemblait à un gros bol d'all-bran flakes avec des raisins secs et des tranches de banane, et une bouteille de lait, que le gentil serveur noir au pull rouge m'a gentiment proposé. Bien qu'il ne sût pas où se trouvait le Luxembourg et qu'il pensât que ce fût une province Autrichienne, et malgré mes difficultés à maîtriser la concordance des temps dans la phrase, il était véritablement sympathique et je l'ai revu une nuit, par hasard deux jours plus tard dans un bar au coin de la 8th avenue et 20th rue ce qui n'est pas peu dire, et il portait le même pull rouge.
En dehors des diners, qui vous accaparent tout de même un peu, vous pouvez sans problème vous recaféiner dans une librairie. Dans ce cas-là, vous choisirez Borders plutôt que Barnes & Noble, parce qu'eux ont choisi Dean & Deluca au lieu de Starbucks. Et au comptoir Dean & Deluca, vous prendrez un Red eye "medium", ça fait du bien, vous avez deux red-eye dans vos orbites et un racing-heart mais au moins vous vous sentez vivre. En fait, buvez plutôt de l'eau. Fiji, bien entendu, vous n'êtez pas un buveur commun, il vous faut une eau exceptionnelle. On la trouve aussi à la Grande Epicerie de Paris, vous pensez bien, mais ici on la trouve dans le moindre Deli à 4h du matin quand il fait encore 28°C. Pour changer, en photo ci-dessus, la librairie-cafétéria du PS1 à Long Island City. Franchement, rien que cette pièce valait le déplacement.
LES LIBRAIRIES.
Ici, ce n'est pas une vraie librairie à l'américaine mais c'est ma préférée: l'Urban Center au 457 Madison Avenue (51st rue), la librairie des architectes. Parlons-en des librairies, les autres. Ce sont des lieux paradisiaques où il fait en moyenne 5°C, ce qui est relativement appréciable quand dehors il fait environ 35°C. En fait je n'en sais rien, tout est en Fahrenheit et ma calculette scientifique tout comme l'hémisphère gauche de mon cerveau étaient restés dans ma valise, mais il fait à certaines périodes de la journée au moins 85 à 90°F et l'air est lourd, marcher 15 pas au soleil vous fait transpirer comme une fontaine italienne et ça n'est pas très élégant. Les grandes librairies américaines, de chaîne, sont ces endroits pleins de livres classés par thèmes et où on trouve un coin café, de chaîne, où vous lisez votre bouquin en prenant votre air le plus savant tout en restant décontracté. Ensuite vous n'achetez rien à part votre café et vous retournez dans la rue, en vous ramassant 15 degrés dans la figure, vous marchez 50 mètres et vous rentrez dans une librairie absolument identique à celle que vous venez de quitter. Pour trouver, lire et vraiment acheter des livres à d'excellents prix, ruez-vous chez Strand.
CHALEURS
Or donc quand il fait chaud, vous avez le choix: vous pouvez entrer dans un deli et acheter une bouteille de quelque chose, et là vous avez sérieusement le choix. Il y a les Snapple ou les Snapple Diet, la gamme habituelle des Coca-cola & Compagnie, les Hint (eaux aromatisées aux essences, award-winning product, disponible à la menthe, au pamplemousse, au concombre...), les eaux vitaminées (Vitamin Water de Glacéau), les laits hyperprotéinés (whey protein ou soy protein selon vos goûts), les eaux normales, de provenance exotique, françaises, les thés ou dérivés, les eaux de cocos nature et aromatisés Zico, les eaux de sportifs type gatorade, les sodas divers, les bières normales ou allégées que vous ne pourrez pas boire en public, et bien d'autres. Abordons le chapitre "smoothies, milkshakes et jus de fruits", qui regroupe forcément les Tasti-d-lite, Jamba Juice, Pinkberry, flurt. Il faut aller voir les études successives de Stephanie
J'ai pris un Matcha Green tea blast chez Jamba Juice, avec Super boost de Weight burner, hé oui, size: original, pour plus de 6$. En vérité, on vous annonce du lait de soja, du matcha, du frozen non fat yogurt, du sorbet (on ne sait pas à quoi), de la glace pilée, et vous vous retrouvez avec 750ml et 450kcal (beaucoup de sucre, mais vu la quantité on comprend mieux). Méfiance. Pinkberry est plus light, très bon, et celui de Chelsea est très agréable en soirée. Tasti-d-lite a fait le moins d'effort possible dans la déco, c'est simplement repoussant, et leurs milkshakes d'un goût relativement standard ont l'air très sucrés. Le personnel semble aussi particulièrement ennuyé de devoir vous servir. Donc, d'après moi, choisir chez Jamba un truc moins calorique serait judicieux. Préférer toujours Pinkberry. Eviter Tasti-d-lite et Flurt, au personnel vraiment antipathique, et aux arômes un peu trop appuyés. Quoi qu'il en soit, préférer une vraie glace.
IL FANTASTICO LABORATORIO
Vous aurez peut-être remarqué que pour l'instant ce n'était pas du 100% positif. Et bien ici, ça l'est. Il laboratorio del gelato, c'est the place to be si vous voulez la meilleure ice cream de new york. Mais ce n'est que mon avis. J'ai goûté chocolat au lait malté, pamplemousse campari et black mission figs. C'est vraiment très bon et d'une texture parfaite, je referai un truc au chocolat malté (type ovomaltine cacao) très bientôt, sans doute. Peut-être une glace, tiens, maintenant que j'y pense.
C'est pourtant une minuscule boutique perdue dans le Lower East Side, à moins que ce ne soit l'Est village, enfin par-là quoi, au 95 Orchard Street, entre Broome et Delancey (après Rivington, en gros), que vous rateriez facilement si vous n'aviez pas l'adresse. Enfin, perdue, perdue, la vitrine n'est pas très loin de Teany, ni de Katz, de Sugar Sweet Sunshine ni de toutes ces boutiques réellement intéressantes, les coiffeurs et le reste. Et puis le laboratorio fournit les Whole Foods, les grands restaurants, en sachant qu'ils font même de la glace à la mastiha qui détient le secret de mon éternelle jeunesse.
TEANY
Teany est ce salon de thé du 90 Rivington Street dont le propriétaire n'est autre que Moby, hé oui, qui a fait un très bon duo avec Debbie Harry si vous voulez mon avis, et qui s'appelle New York, New York. Je vous remets pour mémoire un extrait des paroles, ça fait sentimental bienheureux et c'est aussi un petit hommage américain à Moby, en espérant qu'un jour nous serons bons amis et mangerons des céréales enrichies en fibres.
"Baby make it really hurt
Like everything that ever burned
I am feeling good up there
Just keep the diamonds in my hair
Make me feel good right now
Like everything does in this town
Lines of snow and popping corks
Money, drugs in old New York"
SUGAR SWEET SUNSHINE
Sugar Sweet Sunshine est une petite pâtisserie au 126 Rivigton Street, qui vend plus particulièrement des cupcakes, des petits et gros gâteaux un peu de toutes les sortes, et d'après le Zagat ce sont les meilleurs cupcakes de la ville. Déjà avec un nom pareil, j'espérais qu'ils avaient une bonne dose de second degré sinon on allait avoir des cupcakes vraiment très sucrés avec des sourires jusqu'aux oreilles et des remerciements écoeurants. On aurait pu ajouter Sunshine happy yeepee beeppsie.
Mais non, la vendeuse est réellement très sympathique, elle ne voyait pas pourquoi elle se serait opposée à une photo de la boutique, et elle m'a vendu 2 cupcakes même pas chers. Mieux qu'une scéance de yoga. En sortant de là, vous avez retrouvé la foi en l'humanité. Le décor est chaleureux et cosy, ce que mes photos traduisent très mal. Les glaçages ne sont pas travaillés comme des oeuvres d'art, mais n'est-ce pas là l'esprit de la maison?
J'ai donc pris un "ooey-gooey", chocolat et glaçage chocolat ainsi qu'un spicy Pumpkin, dans lequel je m'attendais à trouver - surprise - de la cannelle et du potiron. Et ce fut le cas. Les glaçages sont très bons, je dirais que c'est plutôt du cream cheese mais je ne suis pas un spécialiste. J'ai trouvé les cakes sous le glaçage un peu "inconsistants" c'est-à-dire très légers, et vous savez à quel point je préfère les éléments denses, et si je les avais faits moi-même j'aurais ajouté qu'on sentait un peu la levure chimique au bicarbonate. Mais ils sont très bons, vraiment, je vous les recommande.
VITAMIN WATER, TRANSFORME-MOI.
Après toutes ces sucreries, on a une raison de plus d'avoir soif. Misère. Je ne suis pas très probiotique, mais j'ai vraiment aimé la Vitamin Water Mauve, la Revive, pleine de b+potassium (on s'en fout, hein) parce que c'est vraiment très désaltérant. J'en prenais une tous les matins avec une salade de fruits, histoire de préparer le terrain, ça me fait de la peine. Malheureusement, je viens de lire sur internet que Glacéau a été racheté par Coca-Cola, c'est énervant à la fin. Sinon, l'eau de coco bio à la mangue est absolument délicieuse, et l'eau à l'essence de concombre est intéressante (mais aucun enfant ne voudra jamais en boire). Et puis il restait un vieux morceau de bagel. Quoi qu'il en soit, le goût de la Revive est surtout séduisant bien qu'étrange, le format diablement pratique (591ml, 125kcal pour l'ensemble) et le texte sur le côté vous distrait pendant 13 secondes environ. Je n'ai pas aimé celle au citron ni la kiwi-pamplemousse. Et vous savez quoi, sans rire, ça me manque déjà fortement. Ils doivent moudre de la cocaïne là-dedans.
Ou alors, pour vous rafraîchir en cas de canicule, vous pouvez rentrer dans une boutique quelconque ou un magasin de vêtements mais selon ce que vous portez vous serez plus ou moins bienvenu, et quoi qu'il en soit on se jettera sur vous pour vous lancer l'inévitable question.
"HI, HOW ARE YOU TODAY?"
Voilà bien une question déroutante de la part de cette personne qui ne vous a jamais vu et qui boit certainement trop de café. Et faut-il vraiment répondre, sachant que ces deux yeux globuleux continuent de vous fixer, un sourire béat orienté dans votre direction, une bouche béante, des bras ouverts? Les gens vous disent "hey guy" ou "hey bro" et c'est super sympa, mais qu'est-ce qu'il faut répondre? La plupart du temps faites comme moi, prenez-vous simplement les pieds dans le grand tapis, éternuez sous le coup de la climatisation, faites ensuite un grand sourire imbécile et dirigez vous vers le rayon le plus proche où accrocher votre regard. Essayer un vêtement est également une véritable épreuve anthropologique pour les novices, je vous laisse découvrir la chose.
DESHABILLEZ-MOI.

H&M, Beautiful brother vous regarde
Et donc, en matière de vêtements, n'allez pas chez American Apparel ou chez Gap, encore moins chez Esprit ou Zara, on les trouve à Paris et ce sont les mêmes. On m'avait dit que chez Daffys, Loehmanns et filene's basement il y avait de la griffe à prix réduit, j'ai surtout eu l'impression de fouiller dans une pharmacie au néon, dans des bacs entre Tati à Barbès et la garde robe de Columbo version années 50.
COLOMBUS CIRCLE
En parlant de ça, le nouveau complexe de Colombus Circle, qui a coûté 1,8 milliard de dollars soit dit-en-passant, regroupe plutôt un ensemble de marques internationales dont même l'Occitane en Provence. En tout cas il semble qu'il n'y ait jamais grand monde. Par contre quand vous voyez l'allure du hall d'entrée de la tour résidentielle, ça ne doit encore pas être de la gnognotte au niveau des appartements "de luxe".
WHOLE FOOLS
La boutique Williams-Sonoma, à l'intérieur, est ravissante et à mon avis destinée aux femmes de 35 à 45 ans en mal de cuisine, qui souhaitent ajouter un accessoire maternel à leur jolie cuisine de style cottage, pour tenter de faire des muffins à leurs enfants dans les derniers moules en silicone cotés en bourse. Sinon, on n'y trouve rien de fondamentalement utile, mais je dis ça uniquement parce que je suis jeune et que je n'aurai jamais d'enfants. Et puis il y a encore un Whole Foods, l'empereur de la bonne conscience en matière de supermarché. J'y ai mangé un soir, en remplissant mon ravier de salades indiennes, de purée d'algues, de tofu frit, de salade caesar, de falafels, de cantaloupe, de noix, etc. Le truc sur mesure, individuel, l'anti-famille.
Heureusement quand on n'a plus de famille il reste les amis, les bons amis comme ceux que l'on peut se faire quand on a un bon transit intestinal, vous imaginez bien. Or donc ces high-fiber cereals (cinna-raisin crunch et plain flakes, twigs & granola) sont non seulement bonnes pour vos intestins, elles sont visiblement anti-racistes et nouent des liens entre les hommes et les femmes, les noirs et les blancs, les vieux et les jeunes... Tant de bonne volonté et de bonnes pensées chrétiennes dans un paquet de céréales, c'est charmant. Je vous épargne aussi les vertus du commerce équitable et du chocolat qui sauve les animaux en voie de disparition (pour sauver les mouettes, achetez le lait-amandes, pour les lapins angora prenez le noir d'amazonie). Quand je vous dis que Whole foods vend surtout de la bonne conscience.
MON TRUC EN PLUMES
Pour en revenir aux vêtements, suivez la police et sortez des Shops at Colombus Circle. Allez courir dans Central Park qui est juste à côté, ou vérifier votre coiffure dans les restrooms, ou dans la façade de l'autre énième tour Trump en face, qui est fort laide mais pas autant que celle de la 5th avenue. En fait, pour l'anecdote, la seule belle tour Trump est celle qui fait face aux Nations Unies, la Trump World Tower. Toute simple, mais très élégante, à l'extérieur du moins. Bref, pour vous habiller, courez plutôt chez:
- Brooklyn Industries
- Urban Outfitters
- Abercrombie & Fitch
- Barneys Coop
MADE IN MEATPACKING DISTRICT
En dehors de ces 4 inévitables, et plus généralement, rendez-vous dans le Lower East Side et l'East Village pour des vêtements branchés et décalés voire excentriques, pas trop chers à carrément bon marchés; à Chelsea et dans Greenwich Village pour des vêtements, sacs, chapeaux, plutôt de type sportswear chic. Enfin, ce n'est que mon avis, on trouve de tout partout quoi qu'il en soit. Il est difficile de rester mal habillé à New York. Si vous aimez le luxe et les jolies marques, il y a toujours la merveilleuse et célébrissime boutique de Carlos Miele, par Asymptote, dans le non moins fashion Meatpacking District (voir photo ci-dessus). Le nouveau flagship store de Carlos à Paris est en cours de réalisation au Faubourg Sain-Honoré, pour info.

Diamonds are a girl's best friends
Le Meatpacking District est un charmant quartier plein de vieux entrepôts et d'anciens abattoirs qui n'en sont plus, et je me sens un peu coupable parce que c'est la faute des architectes. Les boutiques de luxe s'y installent avec les boîtes et les restos les plus branchés, se remplissent d'une faune dramatiquement victime de la mode dont les hauts talons n'ont en vérité jamais foulé le moindre morceau de viande. Ci dessus, la nouvelle boutique Diane Von Furstenberg encore en travaux, plutôt voire très réussie à priori, qui a opté pour la tactique "ajoutons un élément vraiment étranger et distinct émergeant de l'ancien que nous aurons rénové au préalable".
Les rues sont étincelantes, les arbres plantés régulièrement, les immeubles de condominiums de luxe se suivent et ne se ressemblent pas. Heureusement, car l'hôtel Gansevoort est l'un des bâtiments les plus laids de toute la ville (ce n'est que mon avis). Sa couleur, la forme de sa toiture, ses proportions, il y a quelque chose qui ne passe pas. On le voit un peu à droite, là. A gauche, c'est le resto-bistro français "Pastis", un charmant petit endroit où tout le monde semble adopter une attitude moitié BHL, moitié Beigbeder, mais où le serveur ignorait où se trouvait le Luxembourg. Je n'étais pas vexé, rassurez-vous, ça m'est également arrivé à l'Empire diner.
CHELSEA MARKET BOYARD
Mais quel est le véritable avantage alimentaire du Meatpacking me direz-vous? Ce n'est pas le Spice Market, le resto branché? Ben non, enfin pas principalement. En fait, il n'est pas loin de Chelsea, à côté même, et à leurs frontières se trouve le Chelsea Market qui vaut son pesant de pâtisseries. Ici on aperçoit l'entrée Est, qui est particulièrement laide. Un exemple beaucoup moins réussi de l'ajout d'élément étranger. Le Chelsea Market met encore plus en valeur la boutique de l'amie Furstenberg maintenant que j'y pense. Mais ça ce n'est valable que pour l'entrée Est, je précise.

Sors Jason, sors, le sablier est fini
Je n'ai pas de photo de l'entrée Ouest et c'est bien dommage. Bien que plus discrète, elle est aussi bien plus réussie. Et l'intérieur est également très intéressant. Je ne connais pas le site avant transformation, et si tout ce qui s'y trouve est authentique alors tant mieux, sinon ça fait quand même un peu Eurodisney avec des fontaines et des torches. Ce qui est sympa, c'est qu'on voit les ateliers de la plupart des boutiques, et ce ne sont pas les moins bonnes. On trouve Amy's Bread (qui fournit Dean & Deluca, et d'autres épiceries de-ci de-là), Fat Witch Brownies, Eleni's, Sarabeths, Manhattan Fruit exchange, etc. Vraiment du bon, en gros. Et le marché abrite aussi les studios de Food Network, la cuisine TV du coin.
Or donc, pour ne rien vous cacher, un jour, j'ai mangé chez Amy's Bread mais c'était au 250 Bleecker Street dans la boutique de Greenwich Village, assis sur une table minuscule devant une salade de thon au céleri, avec une mini-baguette somptueuse aux céréales. Un autre jour, alors que je passais par le plus grand des hasards (évidemment) chez Dean & Deluca, je me suis procuré un twist semolina raisin-fennel, une signature de la maison paraît-il, vraiment délicieux et d'une cuisson parfaite. Eric Kayser version New York ou inversement, peu importe.
THE BEST CUPCAKE EVER.
Ci-dessus, vous apercevez l'ultime péché de gourmandise, et ça vient de chez Eleni's. C'est une sorte de recette interdite telle qu'on en voyait beaucoup il y a quelques mois quand les chefs jouaient avec les Carambar, les Snickers et le Ketchup. C'est aussi le meilleur Cupcake que j'ai mangé à New York même si, bon, j'avoue n'en avoir mangé que 3 parce que je n'aime pas les cupcakes. Mais celui-ci, je l'ai vraiment beaucoup aimé. C'est une base de muffin au chocolat avec des morceaux de reese's peanut butter cups dedans, une crème au beurre mousseuse généreusement distribuée, surmontée d'un demi reese's peanut butter cup, encore. C'est monstrueusement riche, évidemment, du chocolat, du beurre, du sucre glace, du beurre de cacahuètes... Mais ça le vaut bien. et vous savez quoi, il y en avait plein d'autres sortes, et des cookies d'une beauté parfaite, mais les photos étaient interdites et je n'allais pas tout acheter.
FAT WITCH, SLIM BITCH
A côté d'Amy, dans le Chelsea Market, on trouve les Fat Witch Brownies annoncés comme les meilleurs de la ville. J'en ai donc acheté un au hasard, en me disant que comme après j'allais forcément devoir repasser soit par Chelsea, soit par le Village, il valait mieux se contenter d'une seule pièce. Il faut savoir que les New Yorkais ont tendance à avoir des corps relativement parfaits à coups de jogging, de sports clubs et gyms privés, de nourritures allégées et de compléments alimentaires.
J'ai donc moi-même testé une de ces barres protéinées que l'on trouve absolument partout, avec les barres énergétiques, vitaminées, santé, endurance, repas, bonne humeur, belle peau et leurs compagnons. J'ai choisi la pire comme vous l'imaginez, la super pure 30g de protéines. En fait, ça a un goût étrange et vraiment artificiel, et le pire semble venir de la fausse confiture de fraise qui est déposée pour faire passer les protéines. C'est aussi ce qui apporte le plus de calories en sucres divers. A mon avis, tant qu'à manger des barres de protéines autant qu'elles aient un goût très moyen de toutes façons et moins de sucre. En tout cas c'est très dense et très pratique à manger. Je suppose que le goût n'est pas trop éloigné de certains bonbons pas chers, ce qui n'est pas rassurant. Et un repas, un.
Retournons chez la sorcière du marché de Chelsea. Le sort a décidé de me faire piocher un Snow Witch, à savoir un blondie au chocolat blanc en quelque sorte, et ce n'est pas forcément l'idéal pour se faire une idée d'un marchand de brownie, quoi que ce soit un défi quelque part. C'était bon, c'est vrai, cependant je dois encore vous dire qu'en général je n'aime pas non plus les brownies. Mais non je ne suis pas difficile, j'aime les choses denses, lourdes, fraîches, les puddings ou les milkshakes, les fondants, les ganaches, pas les usines à miettes étouffe-chrétiens que sont généralement les brownies. J'ai dit, généralement.
SERENDIPITY 3, LA MINUTE BELGE
Souvenez-vous, il y a quelques semaines, sur le Pétrin, on avait vu apparaître une recette qui se voulait un équivalent du chocolat chaud de chez Angelina, l'Africain, dont le secret réside surtout dans le fait que vous n'oseriez jamais faire un truc aussi calorique chez vous, comme boire un demi-litre de crème fraîche. Le Frrrozen hot chocolate, même à 8,5$, se mérite. 8,5$ donne plus de 9$ avec la taxe, et 11$ avec le pourboire. J'ai tenté 2 fois d'obtenir une table en affrontant la file, et j'ai fini par venir à l'ouverture faire le pied de grue, à 11h30. Tout le monde commande des Frrrozen hot chocolate même avec une salade de dinde à la moutarde, le serveur les propose d'ailleurs automatiquement. Le cadre est délicieusement décalé, les cartes sont géantes et quasiment illisibles, c'est assez amusant, j'aime leur petite boutique et le monsieur qui vous place à table est, comment dire, adorable.
Arrive votre coupe, majestueuse, remplie, bombée, et largement renversée dans sa soucoupe. C'est très décadent donc, jusque dans le service dirait-on. La photo est moche, certes, mais il faut savoir que l'endroit est très sombre. Le chocolat a une vraie couleur de chocolat. Deux pailles par personne. On goûte et c'est bon. La consistance est vaguement plus légère qu'un milkshake, mais quelques morceaux de glace pilée flottent encore au dessus, séparant les composants du mélange. En définitive, peu importe qu'il y ait 12 ou 36 marques de chocolat, parce que le goût est plutôt proche du Cécémel en moins sucré. Le Van Houten, aussi, est très proche. A quoi fallait-il s'attendre, ce n'est qu'une boisson au chocolat. C'est délicieux, certes, mais quand on a goûté aux chocolats de couverture, aux Michel Cluizel et autres, il ne faut pas espérer des miracles d'une boisson qui mélangerait tout (dont l'affreux Cadburry). Au fait j'ai goûté un autre affreux chocolat américain, le misérable Hersheys en plaquette. Il me rappelle un peu ces fausses cigarettes en chocolat que je recevais à Noël. Enfin, comme toujours, ce n'est que mon avis. C'est tout différent quand il s'agit des Reese's.
COLOURFUL TIMES SQUARE
Tant qu'on est dans les crasses, parlons de Times Square. On y trouve le flagship store M&M's World pour les adeptes des t-shirts, cendriers, crayons, porte-gobelets et quatre mille autres gadgets à l'effigie de la cacahuète la plus stupide de l'univers. Et le plus grand mur de chocolat du monde, vous imaginez ça, vous? Heureusement qu'il y a M&M's pour le faire, sinon je suis certain que j'aurais senti comme un grand vide à l'intérieur de moi. Et ça marche vraiment, peu importe que ce soit plus cher qu'un paquet normal puisque vous choisissez votre couleur. Et puis ça tombe vite et y a tellement de couleurs, forcément.
WASTED TIMES
Non, je ne suis pas du tout, mais pas du tout fan de Times square et de ses boutiques, ses restaurants et ses comédies musicales pour touristes. Si au moins les magasins faisaient un effort particulier de design. Mais non, on trouve bien plus intéressant dans de nombreux autres endroits en ville.
Certes, l'endroit est très lumineux et spectaculaire, c'est très amusant de le parcourir la nuit comme le jour, c'est stimulant et presque grandiose. Mais si vous voulez mon avis, il vaut mieux s'intéresser à Sarah Morris, on sent bien le rapprochement et puis c'est moins vulgaire et ça va mieux dans votre salon qu'un puzzle collé de Times Square au Nouvel An, tant qu'à faire je vous le promets. C'est vrai quoi, dans les rues on piétinne comme un samedi des soldes, et puis il n'y a rien de tellement intéressant, si? Non allez, c'est bien, c'est sympa, c'est joli, ça clignote de partout et je suis un rabat-joie.
LA SUITE, BIENTÔT.
Voilà, ça c'est mille fois plus beau que Times Square, par exemple. Quand même, j'ai encore plein de choses à dire. J'ai même pas encore parlé des cheesecakes, et pourtant je ne me laisse pas avoir. On verra ce qu'on verra. J'ai tout noté, tout consigné dans un carnet en temps réel. Mais là, je me sens un peu flou, et vous aussi vous en avez marre. Le métro, Brooklyn, Fairway, Central Park... plus tard. Faut que je trie. Si je montre trop de vie privée on va lancer des polémiques, déjà que j'ai pas mis de recettes.
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Qu'est-ce qu'on mange le 25 juillet 2007 ?
TANDOORI NATIONAL

Je sais, la Fête Nationale belge est déjà derrière nous, cependant il fallait absolument que je vous donne cette recette de biscuits. Les couleurs ne sont pas à proprement parler identiques au drapeau qu'elles devraient imiter, mais je n'ai utilisé que les colorants que j'avais sous la main, ce qui est plutôt pas mal (je fais des efforts). Même pas de noir en poudre, et pourtant...
Leur goût peut éventuellement surprendre, mais qui est encore véritablement surpris de goûter des associations de ce genre? On a tout fait. Si j'avais mis du piment d'Espelette on m'aurait lancé un pavé dans la figure. Je commence moi-même à être sérieusement agacé par le piment d'Espelette, la fleur de sel ou le beurre Bordier aux algues. Y'a pas que ça non plus, j'utilise d'ailleurs plus souvent du tabasco vert, du Poivre rouge et de l'huile de colza, mais je me lasse vite.
C'est simplissime, rapide et plutôt joli, au fait.
BISCUITS TRICOLORES TANDOORI
Pour 20 à 25 biscuits
- 150g de farine
- 50g de farine de riz
- 150g de sucre semoule
- 80g de beurre
- 1 oeuf
- 1/2cc de fleur de sel
- 1/2cc de Tandoori
- Qq gouttes de colorant rouge
- 1 à 2CS de cacao en poudre
- 1cc de curcuma
MODUS OPERANDI:
1/ Mélanger les farines et le sucre, ajouter le beurre et sabler la pâte avec les doigts. Ajouter le sel puis l'oeuf, et amalgamer la pâte. Ajouter un peu de farine si nécessaire, mais la pâte doit rester très malléable et presque collante (elle durcira au réfrigérateur).
2/ Diviser la pâte en trois parties. Dans la première, ajouter le cacao en poudre. Ajouter le curcuma dans la deuxième part, puis le tandoori et le colorant rouge dans la troisième. Les étaler, puis les superposer et rouler en un boudin approximatif. Placer au réfrigérateur quelques heures. Si vous en avez le temps, réalisez la pâte la veille, le tandoori parfumera d'autant plus le mélange (de toutes manières, on recommande toujours de faire ses pâtes brisées ou sablées la veille).
3/ Trancher le boudin comme un saucisson corse, en tranches d'environ 6mm et disposer les lambeaux ainsi obtenus sur un Exopat ou une feuille de papier cuisson.
4/ Cuisson à four préchauffé à 200°C pendant 9 minutes environ. L'important est d'éviter la coloration à la cuisson (très limite chez moi...), parce que c'est plus joli et que vous n'avez pas utilisé du colorant pour laisser le four saboter vos couleurs bien nettes.
ON MANGE!
Laissez refroidir sur une grille à la sortie du four. Attention, les biscuits sont mous (et ils essaieront de brûler votre langue si vous les laissez faire) quand ils sortent. Ils durcissent en quelques minutes (dans le col de votre chemise ou dans le creux de l'aine, si vous êtes assis) et deviennent alors croquants. Si vous n'êtes pas habitués aux sablés rassurez-vous, c'est normal, ne les donnez pas au chien, d'autant que les chiens ne supportent pas le cacao. Bon appétit, et maintenant allez courir en montagne ou au Club Med Gym, parce que ce n'est pas la saison des sablés au niveau de votre taille. Heureux les métabolismes puissants.
Qu'est-ce qu'on mange le 22 juillet 2007 ?
Cosmopolitan Cheesecake, Cosmopolitan Architecte.

Diable, c'est bougrement à la mode de se téléporter à New York. On finira par se remettre à la snober (ou à la canarder) pour être dans le coup, et pas seulement parce que les canalisations de vapeur y explosent dans la rue. Il y a tout de même eu 1 mort par crise cardiaque, voilà de quoi vous inciter à faire de l'exercice régulièrement, du yoga par exemple, et à boire Actimel sans quoi votre pauvre organisme translucide vous plantera sur place (devant Godzilla). Aussi, dans l'idée d'un généreux cadeau de-moi-à-moi et pour marquer l'obtention de mon statut d'architecte diplômé, je me suis offert 10 jours en aventurier à Big Apple (5 fruits et légumes par jour). C'est-à-dire que j'y serai pour la fin du mois d'août. D'accord, j'avoue, j'avais déjà acheté mon billet en mai.
ARÔMES, PUISSANCE ET ALLÉGRESSE.
Tout d'abord, j'avais pensé faire un cheesecake pour l'occasion, mais ça m'a paru tellement évident que je me suis dit que j'allais faire autre chose. Je suis donc parti sur un sorbet pomme verte (vous voyez, hein, Big Apple, tout ça), avec une touche acidulée de violette, c'est charmant, délicat et élégant. C'était surtout affreusement amer, et ça donnait l'impression après une demi-boule d'avoir avalé 2 sachets de violettes Gicopa. En cherchant un lien vers ces petites choses de ma jeunesse (ah), je viens de me rendre compte qu'elles sont fabriquées à Sprimont, près de Liège. Je suis stupéfait car non seulement elles sont belges mais je passe devant 2 fois par semaine. Revenons au sorbet car justement, j'avoue que je cherchais une occasion d'inaugurer mon nouveau Super Neutrose (argh). Rassurez vos enfants, il est question d'un mélange poudreux de sirop de glucose (atomisé, faut-il en déduire), de carraghénates, d'alginates et de caroube. Autrement dit, du sucre, des algues et des graines, rien de si mauvais.
SEX, DRUGS, ALCOOL & THE CITY.
J'ai donc décidé de changer radicalement de point de vue et de faire un truc complètement fou, innovant, délirant: j'ai fait un cheesecake (dingue, je vous jure). Comme Claude-Olivier qui avait tout compris, lui, depuis le début. Et pour éviter d'avoir à me vaporiser plus que de raison de mon nouveau Smiley (Eau de toilette psychotonique aux micro-nutriments activateurs de bonheur, activateurs de MasterCard aussi) devant tant d'idées foisonnantes, je me suis plongé dans l'alcoolisme. C'est encore mieux que les yaourts qui rendent beau. Largement encouragé par Sex & the City et d'autres références télévisuelles abrutissantes (je reviens avec ma dissonance culturelle de Lahire), et donc par une image glamour pleine de Martini Baby, je me suis traîné jusqu'au bar pour me saisir du Cointreau, de cranberry juice, de citrons verts, de vodka, et de 750g de fromage blanc. Le tout pour faire un Cosmopolitan, la plus Girly des boissons de Chelsea (où je me suis dégoté un charmant petit hôtel, juste là-où-il-faut-être-quand-on-veut-y-être). Et puis c'est aussi tout près de Chelsea Piers et ses Chelsea boys, ça me donne bonne conscience et je me dis que je pourrai aller courir tous les matins ou faire de l'aviron, du javelot, du saut à la perche. Absolument.
Attendez, New York, n'est-ce pas au fait une ville de Yuppies, Buppies et Guppies? Sur Wikipedia, grande référence culturelle devant l'absolu comme chacun le sait, il s'agit des "jeunes ambitieux cyniques, faire-valoir du capitalisme dans sa version la plus inégalitaire, obsédés par l'argent et la réussite, amoraux, matérialistes à l'extrême". Ah, j'ai eu peur mais ça va, c'est tout à fait moi. Pour leur défense, la définition oublie de préciser que les Guppies mangent trop de fibres au petit déjeuner et qu'ils sont parfois carencés en calcium, et qu'ils n'aiment pas le Rap. No Carbs.
LES TOURS DE FRANCE.

Digression géographique. Je trouve merveilleux de lier Londres à Canterbury par le Tour de France, je m'étonne d'ailleurs que le Festival de Cannes ne se déroule pas encore à Barcelone. Je ne vous ai pas dit, au fait, que j'étais à Paris il y a quelques jours. Le temps d'un concert et d'un feu d'artifice. Non pas que je tienne particulièrement aux festivités défilatoires, musicales ou explosives dans un bain de foule nationaliste et déshydratée au seuil de l'insolation, mais dans l'urgence la date a semblé propice à une évasion intellectuelle.
MITAINE ? NEZ, NUQUE, ECARLATES.
Toutefois, horreur et miséricorde, quand on organise une escapade précipitée, on devrait prendre certaines mesures de sécurité: Ne pas arriver à 14h30 au Parc André-Citroën en espérant retrouver des blogueuses inconnues dans la foule des pique-niquants, surtout si elles devaient s'y retrouver 2 heures plus tôt. Ou au moins prévenir qu'on viendra (même si on l'a décidé le matin même à 450km de là). Ne pas s'habiller le 14 juillet comme si on était encore le 13 (parapluie et après-skis deviennent obsolètes). Dans le même esprit, ne pas débrailler son col quand on n'a pas vu de soleil direct depuis qu'on a passé 6 ans et demi. J'ai raté Ninnie et les autres, Aurillac, les rencontres, Blog Appétit, et j'ai encore gaspillé une fraction de mon capital soleil. Il y aura d'autres occasions. Mais si.
SUEURS ET PARISIANISMES.
J'avais un besoin fondamental comme vous l'imaginez d'arôme de mangue de l'ami Gazignaire, d'amandes en poudre et de Super Neutrose, de cercle à entremets carré, cercles à tarte, etc. Le bazar habituel d'un cuisinier névrosé, plus une dose de Philosykos de Diptyque. Le temps de se refaire Beaubourg parce que ça fait toujours plaisir et parce qu'il y a le Georges (voir la photo ci-dessus), et de dormir une demi-heure au Luxembourg après s'être ramassé un Ispahan, un huile d'olive-vanille et un chocolat au lait-passion de chez Pierre Hermé, et un caca de pigeon sur mon nouveau sac Muji (le troisième que j'achète, absolument identique aux 2 précédents d'ailleurs, ce qui déconcerte mon entourage). Dois-je encore préciser qu'il ne faut jamais - sous aucun prétexte - prendre le métro quand le climat s'y oppose: marcher c'est long et surtout avec des Mexx de Cowboy, mais on a de l'air; dans le métro on croise des zombies souillons dégoulinants, pires que Johnny au moment de "Quoi ma gueule?". Paris nous amène toujours un peu à parler Fashion, et il n'y a que Brigitte Bardot pour n'y attacher aucune importance.

On pourra aussi faire son BCBG et s'en aller manger une salade Brooklyn (pastrami-balsamique-oignons rouges etc) au Razowski sur l'agréable Place du Marché Saint-Honoré, près de chez Colette et de la rue de mon anniversaire. Filer au Tuileries pour l'expo "Double je" de Pierre et Gilles au Jeu de Paume, et dévaliser la librairie. Goûter la glace Mangue-passion Häagen-Dazs, même si on n'aime pas les Häagen-Dazs, et refaire ça chez soi (avec prudence, modération et Gazignaire).
Oh, et puis dimanche c'était le lancement de Vélib', une autre forme de Tour de France. J'aurais bien essayé mais en chemise et pantalon quand il fait 80 degrés à l'ombre, j'ai trouvé qu'il y avait de meilleures idées pour éviter les auréoles comme par exemple: Visiter la Cité de l'Architecture et du Patrimoine en espérant qu'elle ouvrira vraiment complètement, un jour, et se demander quel mal on a bien pu faire à ces architectes quand ils étaient enfants pour qu'ils décident de peindre tout en rose et rouge nerveux, ne serait-ce que parce qu'ils vendent des Cocas à 80 cent dans les toilettes (très réussies, d'ailleurs, ces toilettes. Dommage que ce soit un des seuls espaces ouverts). Prendre ensuite un Coca identique mais à 4,70 Euro au Café Kleber sur le Trocadero, en face. Enfin voilà quoi.
CHEESECAKE, DONC.
Oh non. Encore un de ces messages-fleuves. Vite, une recette, histoire de vous donner de quoi saliver un peu plus. Le problème avec les cheesecakes goût cocktail, c'est que le fromage blanc que vous utiliserez influencera vos proportions selon vos goûts. Si vous jugez que le cheesecake est trop doux pour vous, buvez un grand verre de vodka en accompagnement. Je vous donne mon mélange personnel de fromages frais, et le reste.
CHEESECAKE COSMOPOLITAN, RECETTE.

Vous avez remarqué, c'est un peu le miracle de la vie et de la reproduction finalement. Tout ceci finira par être troublant. La cuisine, c'est euh... c'est ça aussi.
Tout d'abord, vous choisirez une atmosphère musicale appropriée à la bonne réalisation de cette recette (J'abuse un peu avec la musique). Vous avez vu, je n'ai même pas pris Sinatra. Par contre, j'aurais bien voulu trouver Moby. Tant pis pour vous, c'était encore plus dynamisant (électrique).
Le cocktail :
- 300g de Philadelphia
- 300g de Fromage blanc maigre Luxlait
- 150g de ricotta
- 4 oeufs
- 170g de sucre semoule
- 1 sachet de sucre vanillé
- 2CS de Maïzena
- 2CS de Vodka
- 2CS de Cointreau
- 5CS de Confiture d'airelles
- 125g de Cranberries séchées Seeberger
- Zeste et jus d'un citron vert
- 1 bonne pincée de sel
- Qq gouttes de colorant rouge
Je sais, on dirait qu'il y a beaucoup d'ingrédients, mais à y regarder de plus près, vous en avez déjà une bonne partie dans vos placards. Oh, et j'ai une question pour les français: est-ce que vous voyez ce que je veux dire par "sucre semoule"? Je me rends compte que ça aussi c'est peut-être belge. Surtout que je ne vous ai pas encore parlé de la pâte:
La croûte:
- 250g de farine
- 125g de beurre
- 60g de sucre semoule
- 1 pincée de sel
- 3 bouchons de cointreau
- Zeste râpé d'une orange
MODUS OPERANDI:
La croûte d'abord: mélanger la farine et le sucre, le zeste d'orange, ajouter le beurre en dés et sabler la pâte, ajouter le cointreau, voilà. Je ne fais pas ça avec des biscuits, non, c'est un principe.
Prendre un moule à fond amovible (obligatoire), tapisser le fond d'un cercle de papier sulfurisé. Y tasser la pâte avec les doigts, au fond du moule et sur les côtés. Pas besoin de sortir le rouleau à pâtisserie. Egaliser et lisser le bord supérieur, bien droit, piquer le fond avec une fourchette et réserver au réfrigérateur.
Le mélange: Mélanger tous les ingrédients dans l'ordre, puis verser dans le fond de pâte. Placer au réfrigérateur pendant une heure, ou cuire tout de suite (je n'ai jamais remarqué de différence). On cuira au four préchauffé à 165°C pendant 40 minutes, puis à 150°C pendant encore 10 minutes. Sortir du four, laisser refroidir et décorer selon les envies du moment. Cosmo oblige, un truc bien "Mademoiselle". Girly, comme je vous disais.
Gelée d'orange:
- 3 oranges non traitées
- 2 cs de Cointreau
- 4 CS de sucre
- 1 sachet de gélatine ou 3 feuilles
Prélever le zeste d'une orange et le jus des 3 (filtré ou non), y mélanger le Cointreau et le sucre, goûter, puis procéder selon les instructions de votre produit gélifiant (chauffer le mélanger, ajouter à froid, agar-agar...). Verser sur le cheesecake et laisser prendre. La gelée permet d'obtenir un effet "miroir" qui gomme les éventuelles irrégularités de surface dues à la cuisson dans un four qui semble étrangement chauffer plus d'un côté que de l'autre. Et voilà. Le reste c'est du fondant rose (Sucre + eau + glucose + colorant), mais placé à chaud sur la gélatine, une autre fort mauvaise idée. La gélatine ne s'en est jamais remise (mais nous avons survécu, tout de même).
Un autre cheesecake? Mangue, chocolat au lait, piment d'Espelette.
BACK, AWAY.
Je ne vous ai pas dit que j'étais ravi d'être de retour? Bon, voilà, je suis content. Et mes problèmes de publicité semblent avoir disparu miraculeusement, ce qui est quelque part encore plus inquiétant. Quant à mes projets de la fin du mois d'août, j'en profite pour vous rappeler que je ne suis pas un expert GPS New Yorkais, donc si vous avez envie de m'aider... Tant qu'à faire je passerai à Boston, Philadephie, Washington et Pittsburgh histoire de dégringoler la Maison sur la Cascade de Wright et de constater à quel point Liberty Avenue n'est qu'un mythe communautaire édulcoré. N'hésitez pas à me refiler vos bonnes adresses, vos tuyaux, le nom et le numéro de téléphone des membres de votre famille qui voudraient absolument m'inviter dans leur loft, etc.
Qu'est-ce qu'on mange le 20 juillet 2007 ?
Canalblog et la publicité.
Ce n'est pas parce que je suis en pause que je ne me connecte pas de temps en temps pour venir chercher l'une ou l'autre recette que j'aurais postée un jour où je devais être de bonne humeur. Or donc, horreur et stupéfaction, je constate que canalblog a déplacé son bandeau publicitaire.
Ecoutez-moi ça, vous serez dans l'ambiance.
Pas sur la page d'acceuil, mais sur les pages d'archives ou tout simplement celles des messages en général (donc par extension, la plupart des pages vues par les internautes issus de Gougueule). Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour mériter ça?
Du coup, je râle, je fulmine, et bien sûr je n'aurai sans doute jamais de réponse des obscurs gérants de Canalblog par rapport à tout ceci, et c'est dommage. On passe des journées à essayer de faire en sorte que le blog ressemble à quelque chose, et voilà. Une grosse pub en plein milieu de tout, et je vous passe les images de plats moyennageux lors des pubs pour les relais gourmands. Oh et puis non, je ne vous les passe pas.
D'autant que je n'ai pas arrêté de refuser des propositions de "partenariat" (avec ou sans rémunération quelconque) avec un tas de gens, pour éviter de défigurer mes liens avec des images qui clignotent, des annonces, etc. Là, c'est le pompon (20/20, Vive la France). Déjà que je n'arrive pas à me défaire de Weborama qui me jette un popup à la figure à chaque chargement PLUS une espèce de déroulement en flash en bas à gauche, un truc infernal à se taper la tête contre les murs.
Ah oui, sinon ici on avait déjà les pubs traditionnelles: Maigrir sans avoir faim, maigrir du ventre, perdre 3kg par semaine... Ah bravo. Dans mon message sur la grèce, on propose une location à Venise, c'est aussi bien, dans celui qui parle du nouvel-an chinois on trouve un lien vers un site japonais qui ne mène à rien (Erreur 404). Notez que tout ceci est variable, ce serait trop simple. Comme il me semble que la pub n'est pas identiquement située sur tous les blogs, peut-on en déduire qu'il y a en fait un être humain caché derrière ces modifications, qui a adapté le code pour y placer ses jolies images (qui sont en même temps et par le plus grand des hasards, relativement lucratives)? J'ai un peu l'impression de m'être fait avoir avec ce blog. Rassurez-vous, il y a toujours des solutions aux problèmes de ce genre.
Je suis peut-être trop Webidéaliste, c'est ce qu'on me dit généralement [voir ci-dessus pour plus de précisions] mais mes cheveux sont moins beaux que les leurs ce qui fait que je ne suis pas compétitif. C'est la faute de mon éducation. Bon, et maintenant, je fais quoi moi? Je vais chez Blogger et je recommence tout, je ferme PassionFusion, j'ouvre un site complet que je payerai 50€ par an pour avoir le droit de ne pas avoir de publicité envahissante et alors que je ne maîtrise pas le CSS? Le gratuit se paye cher... (ah ah ah). Je râle, et en plus j'ai mis trop d'arôme violette dans mon sorbet à la pomme, c'est un peu amer.
Quelques liens qui pourraient avoir un certain intérêt à l'avenir, pour vous et pour moi:
http://www.leadhoster.com : hébergement gratuit de sites web. Un problème subsiste, ils n'acceptent que des fichiers inférieurs à 500ko, donc:
http://www.hotlinkfiles.com : hébergement et lien direct vers des fichiers jusqu'à 75Mb. Ceci devrait suffire. Reste à prendre quelques cours de CSS, HTML et compagnie. D'ici-là je devrai subir l'horreur de ces publicités affligeantes (comme Brittany des Feux de l'Amour, qui doit vivre avec sa cicatrice au visage).
Je suis assez déçu. Tu parles d'un espace d'expression, Gougueule est derrière tout ça évidemment, c'est surtout son espace d'expression à lui. Nous, peuple exploité par les GuerillaMarketeurs et Popupistes, nous n'abandonnerons pas.
Au moins, cet instant de réflexion vous amènera-t-il peût-être à vous réjouir: votre blog n'a peut-être pas encore été assiégé. A votre place j'aurais peur quand même. Et au moins, on aura eu une petite pause musicale. Rien de formidable, rien de branché, mais avec toutes ces pubs je me trouve assez branché pour le moment. Où est-ce qu'on débranche ce bazar?
Qu'est-ce qu'on mange le 20 mai 2007 ?
ATOMIC

Nous considérerons que l'univers s'accélère, que les orbites sont régulières et que les hamburgers sont malsains. Je suis officiellement en pause, c'est parce que je n'ai ni temps ni la moindre calorie à consacrer au blog. Officieusement, je répondrai toujours à vos remarques ou questions dans la mesure de toute la politesse dont je suis capable malgré la contrariante faiblesse de ma connexion internet, et l'apesanteur. Officiellement je suis en rendu de projet. Et je pourrai en théorie, si tout va bien, bientôt dire aux passants que je ne manquerai pas de croiser que je suis un vrai architecte.
Terminé l'Astral, Fusion, je suis plutôt un peu Supernova (pour vous donner une idée, c'est comme Mamie Nova mais en moins gras et moins sucré, en tout cas j'espère). L'ensemble de ceci se ressent dans ma cuisine, au gomasio scintillant, giclée de ketchup. Chacun son truc, mais ne vous étonnez pas de trouver de la vaisselle dans le frigo, et n'oubliez pas de sortir vos poubelles.
Soyons fous ou plutôt pragmatiques pour une fois, je prévois une pause tomate de quelques semaines, voire un mois ou deux (sachant qu'à l'Heure Internet, au troisième top, il sera l'heure d'aller vous coucher et que théoriquement, si le temps est capable de se replier sur lui-même, je ne serai pas vraiment absent). Parce que j'ai beaucoup de travail et que je ne peux plus assurer à ce blog un suivi décent, honni sois-je. Néanmoins, je ne tiendrai jamais tout ce temps sans poster l'un ou l'autre message, j'attends donc avec impatience de contredire mes propres prescriptions, d'exploser mes prévisions.
Alors c'est ça, je suis Atomique et ça se ressent dans ma cuisine, aux épices étincelantes, constellée et expéditive, je suis laituvore, tomatovore, dindovore, yaourtovore, allbranovore, poirivore, blancdoeufivore, faisselivore. Un peu au régime aussi quoi, en même temps les mini-muffins marbrés ça n'aide pas.
Sur ce, à la prochaine.









































































































































